Élections législatives au Maroc 23 septembre défi emploi et confiance des jeunes
Maroc : élections législatives du 23 septembre 2026, le défi de l’emploi des jeunes et de la confiance politique
Élections législatives marocaines du 23 septembre 2026 — défi pour l’emploi des jeunes, la confiance et la capacité à traduire la croissance en opportunités.
La campagne pour les élections législatives marocaines, ouverte le 10 septembre, mobilise 27 partis en lice pour 395 sièges à la Chambre des représentants. Le scrutin, prévu le 23 septembre, concernera plus de 15,8 millions d’électeurs inscrits et devrait déterminer la recomposition parlementaire et la configuration du prochain gouvernement. Au‑delà des rivalités partisanes, le scrutin met en jeu la capacité du système politique à répondre aux attentes quotidiennes, notamment celles d’une jeunesse marquée par un chômage élevé et une confiance institutionnelle limitée.
Début officiel de la campagne et chiffres clés
La campagne, lancée officiellement le 10 septembre, se déroule dans un contexte de forte attention médiatique et d’intense activité locale. Vingt‑sept formations présentent des listes pour 395 sièges, un nombre qui souligne la fragmentation politique et la compétition pour la présidence du gouvernement. L’inscription de 15,8 millions d’électeurs place l’enjeu au cœur du débat public : la participation et la mobilisation des différentes tranches d’âge pourront influer fortement sur la répartition des forces au Parlement.
Jeunes électeurs : défi de la confiance et nouvelles formes d’engagement
Les jeunes constituent une part importante des préoccupations de la campagne. Une enquête publiée en mars indique qu’environ un tiers des personnes âgées de 18 à 35 ans déclarent avoir confiance dans le Parlement, le chef du gouvernement et les partis politiques. Parallèlement, les jeunes sont proportionnellement plus actifs sur les réseaux sociaux et dans des formes de mobilisation non électorale, comme les manifestations. Ces données suggèrent une ambivalence : désillusion institutionnelle d’un côté, volonté d’expression politique de l’autre.
Cadre constitutionnel et rôle du Trône dans la formation du gouvernement
Les élections se tiennent dans le cadre constitutionnel issu des réformes de 2011, qui définissent le Maroc comme une monarchie constitutionnelle et parlementaire. Le chef du gouvernement est nommé par le roi, traditionnellement issu du parti arrivé en tête à la Chambre des représentants, tandis que le Trône conserve des prérogatives importantes, notamment la présidence de certaines instances exécutives. Ainsi, obtenir le plus grand nombre de sièges reste crucial pour former une majorité, sans pour autant garantir à lui seul la totalité des leviers d’action publique.
Croissance économique et incapacité à créer suffisamment d’emplois
Depuis quelques années, la croissance économique du pays affiche des performances positives. Pourtant, cette dynamique ne s’est pas traduite par une création d’emplois suffisante pour absorber les jeunes entrants sur le marché du travail. Les chiffres récents montrent un chômage national élevé et une proportion particulièrement élevée chez les 15‑24 ans. Le phénomène des jeunes ni en emploi ni en formation illustre des inadéquations entre les compétences disponibles et les besoins du marché, ainsi que des limites du secteur privé à générer des emplois durables.
Promesses des partis et priorité à l’emploi et au pouvoir d’achat
Les offres programmatique des principaux partis mettent l’emploi et le pouvoir d’achat au centre des propositions. Les partis qui composent la coalition sortante présentent des objectifs ambitieux en termes de création d’emplois et d’augmentation du salaire minimum. D’autres formations axent leur discours sur le renforcement des services publics, la santé, le logement et la sécurité alimentaire. Malgré la diversité des approches, le message récurrent est que la crédibilité politique se mesurera à la capacité des futurs gouvernants à transformer les investissements et la croissance en améliorations concrètes du niveau de vie.
Retour du PJD et recomposition des équilibres partisans
Le Parti de la justice et du développement (PJD), qui avait connu une forte décrue lors du scrutin précédent, tente de regagner des sièges et une influence politique. Sa stratégie repose sur un retour aux propositions concrètes et sur la reconstruction d’une base électorale affaiblie. La compétition entre partis traditionnels et forces montantes crée un paysage incertain où les alliances post‑électorales seront déterminantes pour former un gouvernement stable et viable.
L’enjeu central de ce scrutin réside donc moins dans la simple distribution des sièges que dans la capacité des autorités et des formations politiques à convaincre les citoyens, et en particulier les jeunes, que les promesses de campagne peuvent se traduire par des changements tangibles. La période post‑électorale testera la cohérence entre les engagements budgétaires et les mesures structurelles nécessaires pour réduire le chômage des jeunes, corriger les déséquilibres du marché du travail et améliorer le pouvoir d’achat des ménages.