Espagne enregistre un record de 3,45 millions de travailleurs étrangers affiliés fin juin
L’Espagne enregistre un record de 3,45 millions de travailleurs étrangers affiliés à la Sécurité sociale
Espagne: 3,45 M de travailleurs étrangers affiliés à la Sécurité sociale fin juin, +350 163 en un an; la régularisation a ajouté 159 097 cotisants et emplois clés.
La présence de travailleurs étrangers en Espagne a atteint un niveau inédit à la fin du mois de juin, avec 3,45 millions de personnes affiliées à la Sécurité sociale, après une hausse mensuelle de 86 630 cotisants. Sur douze mois, le nombre d’affiliés étrangers a progressé de 350 163 unités, soit une croissance de 11,31 %, très supérieure à l’augmentation observée pour l’emploi total dans le pays, fixé à 2,8 % sur la même période.
Record historique des affiliés étrangers
La figure globale de 3,45 millions représente un sommet historique pour l’affiliation des ressortissants étrangers au système de protection sociale espagnol. Cette progression rapide modifie les tendances du marché du travail et alimente la reprise de plusieurs secteurs économiques qui peinaient à recruter. Le dynamisme du dernier trimestre explique l’accélération du rythme d’affiliation, qui dépasse nettement la croissance moyenne de l’emploi national.
Rôle du processus de régularisation lancé au printemps
Un facteur déterminant de cette montée est le processus exceptionnel de régularisation des migrants entré en vigueur à la mi-avril. En l’espace de quelques semaines, ce dispositif a permis l’affiliation de 159 097 nouveaux travailleurs à la Sécurité sociale, confirmant un effet immédiat sur le marché du travail formel. La régularisation a ainsi transformé des emplois informels ou précaires en postes avec cotisation, contribuant à l’extension de la couverture sociale.
Secteurs affichant les plus fortes progressions
Les secteurs les plus impactés par ces nouvelles affiliations sont l’hôtellerie, l’approvisionnement en eau, l’assainissement et la gestion des déchets. Les nouvelles affiliations issues de la régularisation se concentrent particulièrement dans l’hôtellerie (38 776), le commerce (20 195), les activités administratives (19 327) et la construction (18 310). Ces chiffres reflètent à la fois des besoins structurels de main-d’œuvre et la réorientation de travailleurs vers des emplois déclarés.
Composition par origine et implications démographiques
La répartition montre qu’environ 30 % des travailleurs étrangers affiliés sont originaires de pays de l’Union européenne, tandis que les ressortissants de pays tiers forment près de 70 % du total. Le Maroc reste le premier pays d’origine avec 422 347 cotisants, suivi par la Roumanie (353 974), la Colombie (316 460), le Venezuela (239 892), l’Italie (223 500), la Chine (133 500), le Pérou (122 633) et l’Ukraine (84 020). Cette diversité nationale illustre la pluralité des flux migratoires et des besoins sectoriels couverts par ces travailleurs.
Effets attendus sur le marché du travail et les services publics
L’augmentation des cotisants étrangers renforce les recettes de la Sécurité sociale et peut alléger certaines pénuries de main-d’œuvre dans des secteurs stratégiques, notamment l’agriculture, l’hôtellerie et la santé. En rapprochant emploi et protection sociale, la formalisation des postes devrait également améliorer les conditions de travail et l’accès aux prestations pour un grand nombre de ménages. Toutefois, cette évolution pose des questions d’intégration, de formation professionnelle et d’adaptation des politiques publiques pour accompagner la montée en compétences des nouveaux affiliés.
La ministre de l’Inclusion a rappelé que l’affiliation des travailleurs étrangers contribue au dynamisme des secteurs stratégiques et facilite la couverture des besoins saisonniers et permanents. Les autorités et les partenaires sociaux devront désormais suivre l’évolution des emplois créés, l’impact sur les salaires et la qualité des contrats, ainsi que les besoins complémentaires en formation et en insertion.
L’enregistrement massif de cotisants étrangers marque une inflexion notable du marché du travail espagnol. Entre accélération de la formalisation, réponse à des déficits de main-d’œuvre et défis d’intégration, la hausse des affiliés ouvre une période d’ajustements pour les entreprises, les administrations et les travailleurs eux-mêmes, qui devront conjuguer insertion professionnelle et renforcement des protections sociales.