Exportations agroalimentaires du Maroc atteignent 86,2 milliards de dirhams en 2025
Les exportations agroalimentaires marocaines atteignent 86,2 milliards de dirhams en 2025, soutenues malgré la pression climatique
Exportations agroalimentaires marocaines à 86,2 MMDH en 2025, +38% en 5 ans; baisse des agrumes, mesures pour renforcer compétitivité et protéger marché intérieur.
Le secteur agroalimentaire marocain a consolidé sa position en 2025 en enregistrant des exportations d’une valeur de 86,2 milliards de dirhams, marquant une progression significative par rapport à 2020 et confirmant le rôle central de cette filière dans l’économie nationale. Le Conseil d’administration de l’Établissement autonome de contrôle et de coordination des exportations, Morocco Foodex, a dressé ce bilan lors de sa session annuelle de 2026, présidée par le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari.
Hausse de la valeur des exportations et part dans les recettes
La valeur des exportations agroalimentaires a atteint 86,2 milliards de dirhams en 2025, contre près de 62 milliards en 2020, soit une progression de 38% sur cinq ans. Cette performance place le secteur parmi les premières sources de devises du Royaume, les produits agroalimentaires représentant désormais près de 18% des exportations nationales. La dynamique financière illustre une montée en gamme progressive de l’offre exportable et une diversification des segments visés.
Évolution des volumes sur la dernière décennie
En termes physiques, les envois à l’étranger ont atteint 4,7 millions de tonnes en 2025. Cela traduit une hausse de 9% par rapport à 2020 et une progression de 49% par rapport à 2015, mettant en évidence une montée en capacité des filières agricoles et agroalimentaires. Ces volumes confirment une trajectoire de croissance structurelle, portée par l’amélioration des performances logistiques, la modernisation des chaînes de production et une meilleure organisation des exportations.
Impact des événements climatiques sur la filière agrumes
La progression globale masque toutefois des disparités entre filières. La campagne d’exportation des agrumes 2025-2026 a été perturbée par des épisodes climatiques extrêmes qui ont réduit l’offre disponible pour l’exportation. Les expéditions d’agrumes se sont établies à 553 000 tonnes, contre 626 000 tonnes la saison précédente, soit une baisse de 12%. Les filières maraîchères ont elles aussi subi des reculs, notamment la tomate, affectant les volumes et les rotations commerciales sur certains marchés traditionnels.
Actions pour renforcer la compétitivité exportable
Lors de l’ouverture des travaux, le ministre Ahmed El Bouari a mis l’accent sur le rôle de Morocco Foodex dans l’accompagnement des opérateurs et le renforcement de la compétitivité de l’offre marocaine. L’établissement poursuit des actions de contrôle technique, de veille réglementaire et commerciale, ainsi que des programmes de promotion des exportations. L’objectif affiché est d’aider les producteurs et exportateurs à répondre aux exigences des marchés internationaux et à améliorer la valeur ajoutée des produits expédiés.
Focus sur l’accompagnement des nouveaux acteurs et la stratégie décennale
La réunion a rappelé la priorité donnée à l’accompagnement des nouveaux exportateurs, notamment les jeunes entrepreneurs et les startups du secteur. Ces initiatives s’inscrivent dans la mise en œuvre de la stratégie Génération Green 2020-2030, qui vise à consolider durablement le positionnement du Maroc sur les marchés internationaux par des investissements, des réformes structurelles et le soutien aux filières stratégiques.
Aspects financiers et perspectives pour 2026
La directrice générale de Morocco Foodex, Ghita El Ghorfi, a présenté le bilan technique et financier de l’exercice 2025 et a détaillé l’exécution budgétaire du premier semestre 2026. Les éléments présentés montrent des progrès opérationnels et une mobilisation budgétaire tournée vers la promotion et le contrôle qualité. Les perspectives pour 2026 incluent des efforts ciblés sur la diversification des débouchés, l’amélioration des standards sanitaires et phytosanitaires, et le renforcement des chaînes de valeur pour limiter la vulnérabilité face aux chocs climatiques.
La trajectoire positive du secteur reste conditionnée à la capacité des acteurs publics et privés à coordonner des mesures d’adaptation climatique, à accélérer la modernisation des infrastructures logistiques et à soutenir l’innovation chez les exportateurs. Le défi immédiat consiste à combiner augmentation des volumes exportés et garanties d’approvisionnement pour le marché intérieur, afin de préserver l’équilibre socio-économique national.