Expulsion à Sansomendi d’une famille marocaine, polémique sur 2 454 € d’aides
Une famille marocaine expulsée à Sansomendi : tensions, polémique et hébergement d’urgence
Expulsion à Sansomendi le 23 octobre : une famille marocaine sans logement, tensions avec la police, polémique sur 2 454 € d’aides et hébergement d’urgence.
Depuis 2018, une famille d’origine marocaine habitait un appartement dans le quartier de Sansomendi. Le père affirme avoir régulièrement versé les loyers, mais après une année de recherches infructueuses jusque dans les communes voisines, le foyer n’avait pas trouvé de relais résidentiel. Le 23 octobre, malgré une mobilisation locale et des tentatives de négociation, l’expulsion de ce logement a été exécutée, laissant les parents et leurs six enfants en attente d’une solution pérenne.
Expulsion menée le 23 octobre malgré la mobilisation
L’opération d’expulsion a eu lieu le vendredi 23 octobre et s’est déroulée en dépit de la présence de plusieurs centaines de personnes venues protester. Parmi les manifestants figuraient des habitants du quartier et des jeunes provenant d’établissements scolaires voisins. Les protestataires réclamaient un sursis et des alternatives de relogement pour la famille. Les forces de l’ordre ont procédé à l’exécution de la décision d’expulsion, provoquant des scènes de tension sur place.
Situation du foyer et antécédents du litige
La famille louait l’appartement depuis 2018. Le père explique avoir cherché pendant un an un autre logement, sans succès. Son fils lui demandait où ils iraient après l’expulsion, témoignant de l’angoisse du foyer face à l’imminence de la mesure. Du côté du propriétaire, celui-ci vivait dans une chambre avec sa compagne et leur enfant et cherchait à récupérer cet appartement — son seul bien immobilier — afin d’y installer sa famille, démarche engagée depuis 2021 selon les éléments communiqués par les parties en cause.
Affrontements et deux interpellations lors de l’intervention
L’intervention policière a entraîné des affrontements entre manifestants et agents. Au cours des heurts, deux personnes ont été interpellées. Les forces de l’ordre ont fait usage de mesures de dispersion pour sécuriser l’opération d’expulsion, tandis que des opposants dénonçaient la brutalité de l’intervention et la rapidité d’exécution de l’expulsion. Les scènes ont suscité une vive émotion dans le quartier et relancé le débat sur les procédures de logement et d’exécution des décisions judiciaires.
Débat public autour du montant des aides sociales
L’affaire a déclenché une vive polémique autour des prestations sociales perçues par la famille. Un chiffre, 2 454 € par mois, circulant comme total supposé des aides (revenu minimum, aide au logement et prestations liées aux enfants), a été largement relayé et contesté. Un syndicat de défense du logement a remis en question le calcul de ce montant et a souligné l’absence de preuve formelle quant au versement d’une telle somme. La municipalité impliquée a confirmé l’existence d’aides perçues par certains bénéficiaires sans communiquer de montant individuel, et des vérifications administratives étaient en cours pour clarifier la situation financière réelle du foyer.
Hébergement d’urgence adopté puis accueils temporaires
Selon les autorités locales, une proposition d’hébergement d’urgence a été faite au moment de l’expulsion mais aurait été refusée initialement par les parents. Finalement, la famille et ses six enfants ont passé le week-end dans une structure municipale principalement destinée aux adultes. Le 26 octobre, cette structure restait la seule solution d’hébergement temporaire mise à disposition, alors que les parents poursuivaient activement la recherche d’un appartement à louer. Les associations locales ont signalé des difficultés à trouver des options adaptées pour une famille nombreuse dans le parc locatif disponible.
Les réactions locales oscillent entre condamnation de l’expulsion sans relogement immédiat et compréhension des droits du propriétaire sur son bien. Les acteurs de la défense du droit au logement réclament des mesures plus coordonnées entre services sociaux et magistrature pour éviter que des familles se retrouvent à la rue après une décision d’expulsion. La municipalité se trouve sous pression pour préciser les aides mobilisées et pour accélérer la mise en place d’une solution plus stable que l’hébergement provisoire.
La situation reste fragile : la famille continue ses recherches et les débats sur la gestion des aides et des expulsions se poursuivent au niveau local, alors que des acteurs associatifs demandent des mécanismes de prévention renforcés pour prévenir de tels cas à l’avenir.