Fermeture des points de passage et restrictions aggravent la catastrophe humanitaire à Gaza
Israël renforce les contrôles à Gaza après les attaques du 28 février, aidant humanitaire bloquée et cessez‑le‑feu en panne
Après les attaques du 28 février, Gaza subit fermetures de passages, aide humanitaire limitée, crise sanitaire et blocage politique qui paralysent la reprise.
Dès l’ouverture des hostilités régionales le 28 février, la bande de Gaza a vu se multiplier les restrictions qui aggravent une situation humanitaire déjà catastrophique. Israël a fermé les principaux points de passage, perturbant l’acheminement des camions d’aide, l’accès aux soins à l’étranger et l’entrée de carburant et d’équipements lourds. Parallèlement, les violations répétées du cessez‑le‑feu conclu en octobre persistent, tandis que l’attention internationale sur la guerre contre l’Iran réduit la pression diplomatique sur les acteurs impliqués. Le territoire, qui abrite plus de deux millions de Palestiniens, se retrouve à nouveau isolé, avec des services essentiels en déclin et une mise en œuvre interrompue du calendrier de paix.
Fermeture des points de passage depuis le 28 février
Israël a fermé les points de passage le premier jour des hostilités régionales, interrompant l’entrée des camions humanitaires et les évacuations médicales. Après plusieurs jours de blocage, le passage de Kerem Abu Salem (Kerem Shalom) a été partiellement rouvert pour un nombre limité de camions, mais le flux reste loin des quelque 600 camions quotidiens estimés nécessaires pour répondre aux besoins de base. Le passage de Rafah est resté fermé pendant plusieurs jours consécutifs, compliquant davantage la distribution de l’aide et l’action d’un comité civil récemment formé pour gérer l’administration du territoire.
Aide humanitaire insuffisante et entraves logistiques
La réouverture partielle des corridors n’a pas suffi à compenser les retards accumulés. L’entrée de carburant et d’engins de démolition est strictement limitée, bloquant les opérations de déblaiement et les travaux de remise en état des infrastructures. Les procédures de contrôle et les autorisations prolongées ralentissent la livraison des matériaux de construction et l’acheminement des fournitures médicales, tandis que les organisations humanitaires peinent à distribuer l’aide de façon régulière et sûre.
Effondrement des services de santé et bilan des victimes
Les hôpitaux et centres médicaux fonctionnent au ralenti, parfois fermés faute de carburant, de médicaments et d’équipements essentiels. Les autorités sanitaires locales rapportent des pertes humaines significatives depuis le cessez‑le‑feu d’octobre, avec un bilan faisant état d’au moins 648 morts et près de 18 000 blessés. Les limitations sur les déplacements transfrontaliers ont empêché de nombreux patients d’accéder à des traitements à l’étranger, et le manque de fournitures intensifie le risque d’effondrement complet du système de soins.
Impact économique et flambée des prix
La réduction des flux commerciaux et humanitaires s’est traduite par une hausse rapide des prix et des pénuries sur les marchés locaux. Des organismes humanitaires signalent des augmentations spectaculaires des coûts de produits de première nécessité, avec des hausses pouvant atteindre plusieurs centaines de pourcents pour certains articles de base et produits d’hygiène. L’économie locale, déjà fragilisée par des années de blocus et de conflits, est confrontée à une contraction des importations et à une détérioration du pouvoir d’achat des ménages.
Blocage politique et suspension de la deuxième phase du accord
Le Comité national pour l’administration de Gaza, créé en janvier et composé de 15 technocrates chargés de piloter la gestion civile, la coordination de l’aide et la reconstruction, se heurte à des entraves significatives. Les restrictions d’accès aux membres du comité et la fermeture prolongée du passage de Rafah entravent sa mise en place opérationnelle. La deuxième phase du plan de cessez‑le‑feu, attendue pour janvier 2026 et visant un retrait élargi des forces, le redémarrage de la reconstruction et l’installation d’une administration civile de transition, est restée suspendue en raison de désaccords politiques et de contraintes sécuritaires.
Contrôle territorial et conséquences stratégiques
Des analystes estiment que les forces israéliennes maintiennent un contrôle étendu sur la bande de Gaza, limitant l’espace politique et logistique pour toute relance durable. L’évolution régionale liée au conflit contre l’Iran semble avoir fourni une marge de manœuvre pour mener des opérations limitées et durcir les conditions sur le terrain sans provoquer de réaction internationale majeure. Cette dynamique accroît les risques d’une aggravation de la faim, de la malnutrition infantile et d’un effondrement social si les restrictions persistent.
La persistance des blocages humanitaires et politiques met en danger non seulement la phase de transition prévue par l’accord de cessez‑le‑feu, mais aussi la survie quotidienne de millions de civils. Sans un accès régulier à l’aide, au carburant et aux soins, la population de Gaza reste exposée à une détérioration continue des conditions de vie et à une reconstruction rendue quasi impossible.