FIFA propose de céder 20% de la Coupe du Monde, l’UEFA s’insurge
FIFA propose de vendre jusqu’à 20 % de la Coupe du Monde, déclenchant un tollé européen
La FIFA a annoncé le 29 juillet 2026 un projet de création d’une filiale valorisée 20 milliards de dollars, FIFA Forward Enterprise, destinée à gérer la Coupe du Monde et d’autres compétitions, et prévoit d’offrir des participations minoritaires pouvant atteindre 20 %, provoquant une vive réaction de l’UEFA et de responsables européens.
Projet et mécanisme proposé
La proposition de la FIFA prévoit la création d’une entité commerciale distincte, FIFA Forward Enterprise, qui centraliserait la gestion commerciale de la Coupe du Monde et d’autres événements majeurs. L’instance mondiale, tout en conservant une part majoritaire et le contrôle opérationnel, chercherait à lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars en vendant des participations minoritaires à des investisseurs privés. Le plan inclut le maintien par la FIFA de l’autorité sur la gouvernance sportive, les calendriers de compétition et les décisions réglementaires, selon les éléments rendus publics par l’organisation.
Montant, valorisation et objectifs financiers
La filiale serait valorisée à environ 20 milliards de dollars et l’opération viserait un apport de liquidités immédiates via des investisseurs externes. La FIFA présente cette opération comme un moyen d’accroître les ressources disponibles pour le développement mondial du football, en affirmant que les bénéfices nets seraient réinvestis dans des programmes de formation, d’infrastructures et d’intégration. Le projet s’inscrit dans un contexte où la Coupe du Monde, récemment étendue à 48 équipes et organisée conjointement aux États-Unis, au Canada et au Mexique, génère des revenus considérables issus des droits de diffusion et des accords commerciaux.
Réactions de l’UEFA et des instances européennes
L’Union des associations européennes de football (UEFA) a réagi avec fermeté, qualifiant la démarche de franchissement d’une ligne que les institutions dirigeantes du football ne devraient pas dépasser. L’UEFA et plusieurs fédérations nationales ont exprimé des réserves sur la logique commerciale d’une telle cession partielle, invoquant des questions de transparence, de préservation de l’âme du sport et d’identité collective. La critique s’est étendue aux ligues, clubs et à des responsables politiques européens qui estiment que la Coupe du Monde ne peut être traitée comme un actif privé à vendre.
Implication de Joshua Kushner et préoccupations politiques
Parmi les noms cités pour diriger le groupe d’investisseurs figure un véhicule associé à Joshua Kushner. La présence d’investisseurs liés à des familles ou à des figures politiques a amplifié les tensions et suscité des interrogations sur l’indépendance et la gouvernance de la nouvelle structure. Des responsables publics et des acteurs du football ont souligné l’importance de savoir qui bénéficierait financièrement de ces participations, rappelant la nécessité d’une transparence totale dans la sélection des partenaires et dans les modalités de cession.
Conséquences possibles pour la gouvernance du football
Même si la FIFA affirme conserver le contrôle opérationnel des compétitions, la vente de participations minoritaires pourrait modifier les équilibres financiers et stratégiques autour de la Coupe du Monde. Des observateurs estiment que l’introduction d’investisseurs privés peut accélérer la commercialisation et créer de nouveaux flux de revenus, mais aussi engendrer des conflits d’intérêt potentiels et une pression accrue en faveur de décisions orientées par la rentabilité. Les fédérations nationales, les ligues et les supporters devront peser l’impact sur les calendriers, l’intégrité sportive et l’accès au jeu.
Procédure d’approbation et enjeux pour les membres
Le projet doit être soumis au vote des 211 associations membres de la FIFA. Ce scrutin constituera un test de cohésion interne : les gouvernances nationales devront équilibrer les promesses de financement pour le développement et les préoccupations liées à la préservation des valeurs et de l’indépendance du football. Le résultat déterminera si la FIFA peut instaurer ce nouveau modèle économique tout en conservant la confiance des acteurs sportifs et politiques.
La proposition marque une étape significative dans la transformation économique du football mondial et relance le débat sur la frontière entre patrimoine sportif collectif et opportunités d’investissement privé. Les prochaines semaines, pendant lesquelles les associations membres examineront le dossier, seront déterminantes pour l’avenir commercial et institutionnel de la Coupe du Monde.