Actif net des OPCI monte à 133,97 milliards de dirhams en 2025, +23% sur un an
OPCI marocains : l’actif net atteint 133,97 milliards de dirhams en 2025, +23 % sur un an
Les Organismes de placement collectif immobilier enregistrent 133,97 MMDH d’actifs nets en 2025, une hausse de 23 % par rapport à 2024 ; 65 fonds sont désormais en activité.
L’actif net sous gestion des OPCI a franchi la barre des 133,97 milliards de dirhams en 2025, marquant une progression annuelle de 23 %. Cette dynamique s’accompagne d’une augmentation du nombre de véhicules sur le marché : dix nouveaux OPCI ont été créés en 2025, contre huit l’année précédente, portant le total à 65 fonds. Le cycle de croissance observé traduit une accélération de l’intérêt pour les investissements immobiliers collectifs dans l’économie nationale.
Concentration des fonds et poids des OPCI-RFA
La majorité des OPCI en activité sont des OPCI-RFA, au nombre de 52 sur les 65 recensés, et pilotés selon des règles de fonctionnement allégées destinées aux investisseurs qualifiés. Ces OPCI-RFA concentrent 125,98 MMDH d’actifs nets, soit environ 94 % du total géré par l’ensemble des fonds. Cette concentration met en lumière une structuration du marché autour de véhicules spécialisés et réservés majoritairement à des investisseurs institutionnels ou qualifiés.
Structure des portefeuilles : l’immobilier domine
Les stratégies d’investissement des OPCI restent principalement orientées vers des actifs immobiliers : les classes immobilières représentent 95,55 % de l’actif global des fonds, tandis que les actifs financiers n’en constituent que 4,45 %. Cette prédominance de l’immobilier traduit une exposition élevée au marché physique – bureaux, locaux d’activité, établissements à usage spécifique – et une moindre diversification via des instruments financiers.
Profil des investisseurs : domination institutionnelle
Les banques, la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), les compagnies d’assurance et les organismes de prévoyance et de retraite figurent parmi les principaux investisseurs, totalisant 83,8 % de l’actif net global des OPCI. Cette architecture actionnariale confère aux fonds une assise financière solide, mais elle renforce également la corrélation entre la performance des OPCI et la situation des grands investisseurs institutionnels.
Secteurs ciblés : enseignement, formation et santé
Les flux d’investissement convergent vers des actifs immobiliers à vocation spécifique, notamment les infrastructures dédiées à l’enseignement, à la formation et à la santé. Cette orientation traduit une recherche de revenus stables et de baux long terme, perçus comme moins cycliques que certains segments traditionnels. Elle souligne aussi la volonté d’aligner une partie croissante des portefeuilles sur des usages ambiants à forte demande structurelle.
Conséquences pour le marché immobilier et la régulation
La montée en puissance des OPCI et la prédominance des investisseurs institutionnels ont des implications sur le marché immobilier domestique : pression sur la création d’actifs dédiés, évolution des conditions locatives et possible tension sur les prix d’acquisition dans les segments ciblés. Par ailleurs, la prédominance d’OPCI-RFA réservés à des investisseurs qualifiés pose la question de l’ouverture du marché et de l’accessibilité pour les épargnants individuels. La concentration des actifs et la spécialisation sectorielle exigent une attention accrue en matière de gouvernance et de gestion des risques.
L’évolution observée en 2025 confirme que les OPCI occupent désormais une place significative dans l’écosystème financier immobilier, avec une croissance nette des encours et une structuration qui privilégie la sécurité des revenus et l’adossement à des investisseurs institutionnels. Cette trajectoire devrait continuer de façonner l’offre immobilière spécialisée et les stratégies d’investissement dans les mois à venir.