Forces israéliennes arrêtent et agressent des journalistes à Beita près de Naplouse
Attaques de colons et interventions militaires en Cisjordanie : arrestations, agressions de journalistes et destructions pendant la récolte des olives
Attaques de colons protégés par l’armée en Cisjordanie: arrestations massives, agressions de journalistes, incendies d’oliviers et bilan humain préoccupant.
Les autorités locales rapportent une série d’attaques menées par des colons, accompagnés d’interventions militaires, dans plusieurs localités de Cisjordanie lors de la période de récolte des olives. Des dizaines de personnes ont été arrêtées, des journalistes ont été agressés dans le secteur de Jabal Qamass à Beita, au sud de Naplouse, et des oliviers ont été incendiés ou détruits, selon des témoignages recueillis sur place. Les incidents se sont intensifiés dans plusieurs villages et quartiers, faisant craindre une escalade pendant une saison agricole sensible.
Attaques dans les oliveraies et déplacement de cueilleurs
Des groupes de colons, parfois masqués et armés, ont abordé des oliveraies utilisées par des familles locales et des volontaires venus aider à la récolte. Des témoins racontent qu’un groupe d’environ cinquante personnes a lancé des jets de pierres et s’en est pris à une maison, provoquant la fuite ou la dispersion des cueilleurs. Plusieurs habitants et bénévoles ont été sommés de quitter les parcelles. Selon des récits présents sur le terrain, l’arrivée des soldats a conduit au rassemblement et à l’expulsion forcée de personnes qui étaient en train de récolter, certains déclarant avoir été maintenus au sol sous la menace d’armes avant d’être contraints de partir.
Arrestations et agressions de journalistes à Jabal Qamass
Dans le quartier de Jabal Qamass à Beita, des équipes de presse ont fait état d’arrestations et d’agressions ciblant des journalistes. Des reportages vidéo diffusés depuis la zone montrent des interventions où des professionnels des médias et des observateurs ont été empêchés d’exercer leur travail, parfois après l’utilisation de gaz lacrymogènes. Les incidents ont entraîné l’interruption de la couverture locale et inquiètent les organisations qui suivent la sécurité des journalistes sur le terrain, en particulier dans des contextes de confrontation directe entre civils et groupes armés.
Destruction de biens et attaques de véhicules dans plusieurs localités
Outre les atteintes aux personnes, des destructions matérielles ont été signalées : oliviers incendiés ou abattus, véhicules endommagés et maisons ciblées. Des vidéos montrent des véhicules palestiniens frappés et des pierres lancées contre des habitations dans des localités comme Osarin et Beita. Dans certains villages, des habitants ont indiqué que des projectiles et du gaz lacrymogène ont été employés, provoquant des blessures et des dégâts matériels. Ces actions surviennent alors que la récolte des olives — source importante de revenus pour de nombreuses familles — est en cours, aggravant les pertes économiques et sociales.
Confrontations locales et tentatives de défense des communautés
Face aux attaques, des habitants ont tenté de repousser les assaillants et de protéger leurs biens. Des groupes de villageois se sont organisés pour défendre les oliveraies et faire face aux agressions, mais ces tentatives ont parfois abouti à de nouvelles confrontations avec des colons et des forces de sécurité. Les témoignages font état d’une atmosphère de tension accrue dans les zones rurales et périurbaines concernées, où la présence d’acteurs armés et les mouvements de population compliquent l’accès aux terres et la sécurisation des récoltes.
Bilan humain et évolution récente des violences
Des bilans préliminaires mentionnent un nombre significatif de victimes et de personnes blessées au cours des épisodes de violence ces derniers mois. Des rapports font état de plus d’un millier de morts en Cisjordanie depuis octobre 2023, dont plusieurs centaines d’enfants, et signalent une augmentation des victimes attribuées à des colons depuis le début de 2026. Ces chiffres traduisent une intensification des affrontements et des incidents qui affectent profondément les communautés locales, les familles et l’activité agricole saisonnière.
Les autorités locales et des représentants communautaires ont exprimé leur préoccupation quant à la détérioration de la sécurité et à l’impact sur la population civile. La période de récolte, traditionnellement un moment clé pour les familles rurales, est marquée par une vulnérabilité accrue des cueilleurs et des médias couvrant ces événements. Les appels à la protection des civils et à la prévention des violences se multiplient dans les zones touchées, alors que les tensions restent vives et que la situation sur le terrain demeure volatile.