Gouvernement lance 10 guichets d’appui aux TPE opérationnels dès le 15 mai
Le gouvernement lance un dispositif national d’appui à la création de TPE: 60 guichets, 30 000 entreprises et 90 000 emplois visés
Le gouvernement met en place un réseau de guichets d’accompagnement pour la création de très petites entreprises; 10 guichets ouvrent le 15 mai, campagne nationale le 22 mai (160 chars)
Depuis le Forum Initiatives Emploi tenu en septembre, une commission dédiée à l’auto-emploi a finalisé un plan d’action visant à structurer et accélérer la création de très petites entreprises (TPE) à l’échelle nationale. Le dispositif s’appuie sur l’implantation de guichets locaux d’accompagnement, un parcours de sélection et de formation des porteurs de projet, ainsi que des offres de financement adaptées — des mesures que certains acteurs qualifient déjà de transformationnelles pour l’emploi des jeunes.
Un dispositif défini comme inédit par les acteurs du secteur
La commission chargée du dossier a présenté un dispositif centré sur la mise en place d’espaces physiques d’accueil et d’orientation. Selon les promoteurs, il s’agit d’une approche nouvelle qui va au-delà des mécanismes antérieurs: prise en charge dès la genèse de l’idée, présélection fondée sur le profil entrepreneurial du candidat, et articulation claire entre guichets locaux, comités régionaux de validation et banques. Noureddine Ayouch, membre de la commission et fondateur d’une structure de microcrédit, a qualifié l’initiative de «révolutionnaire» en raison de son dispositif d’accompagnement intégré.
Calendrier de déploiement et formation des équipes
Les dix premiers guichets doivent être opérationnels à partir du 15 mai; le personnel affecté y est en formation depuis le 17 avril. L’objectif affiché par les pouvoirs publics est d’atteindre rapidement un réseau de 60 guichets répartis sur l’ensemble du territoire, avec une attention particulière aux petites villes et aux zones rurales éloignées. Parallèlement, une campagne de communication nationale est programmée pour le 22 mai afin de mobiliser les publics cibles.
Parcours d’accompagnement et critères de sélection
Le parcours proposé se veut pragmatique: les jeunes ne doivent pas obligatoirement arriver avec un dossier complet. Les guichets prennent en charge les porteurs d’idée, évaluent leur profil et leurs aptitudes entrepreneuriales, et aident à la maturation du projet. Une fois une présélection réalisée, le dossier est transmis à un comité régional présidé par le Centre Régional d’Investissement (CRI) et composé d’acteurs tels que l’Anapec, les chambres de commerce, les autorités locales et des représentants du secteur privé. Ce comité statue ensuite sur la bancabilité des projets.
Formation pratique et calendrier de décision bancaire
Si le dossier est retenu, le promoteur suit une formation intensive d’environ six semaines en management, alternant théorie et pratique, avec l’obligation de présenter une étude de marché et un business plan. Le dossier finalisé est alors soumis à une banque qui dispose de 21 jours pour prendre une décision et définir les conditions de financement (montant, durée, taux). Le dispositif prévoit des crédits compris, selon les scénarios retenus, entre 50 000 et 250 000 dirhams sur des durées pouvant aller jusqu’à dix ans.
Aides publiques et conditions de remboursement
Pour sécuriser le démarrage, l’État prévoit de verser une avance pouvant atteindre 10 % de l’investissement global, plafonnée à 15 000 dirhams. Cette avance, destinée à couvrir les frais initiaux de création et d’installation, sera remboursable sur six ans avec un délai de grâce de trois ans et sans intérêts. Une enveloppe initiale de 18 millions de dirhams est mobilisée pour lancer le dispositif en attendant des financements complémentaires, notamment du Millenium Challenge.
Objectifs chiffrés et ambition d’impact
Les prévisions officielles visent la création de 30 000 TPE et la génération de 90 000 emplois d’ici 2008, des objectifs que les concepteurs estiment atteignables, voire sous-évalués par rapport au potentiel réel. Le choix d’un maillage territorial et d’un accompagnement dès l’étape d’idée vise à maximiser l’insertion économique des jeunes titulaires d’un baccalauréat ou d’un diplôme de formation professionnelle, condition minimale d’éligibilité annoncée.
Les responsables insistent sur la volonté d’éviter les écueils des dispositifs antérieurs, comme le Crédit Jeune Promoteur, en clarifiant les responsabilités entre guichets, comités régionaux et banques, en renforçant la formation des équipes d’accueil et en assurant des moyens financiers et de communication suffisants pour garantir une forte adhésion. Reste à observer, dans les semaines et mois à venir, l’efficacité opérationnelle des premiers guichets et la capacité des acteurs locaux à transformer l’accompagnement en entreprises pérennes.