guerre des nerfs à Rabat entre taxis, embouteillages et passagers bloqués
L’image se tache alors que le Maroc accueille le continent. Depuis le début du concours, les grandes stations de taxis de la capitale connaissent une saturation critique. Si les autorités ont tenté d’anticiper en renforçant les lignes de bus et en sensibilisant les professionnels, le terrain raconte une autre histoire. Les chauffeurs pointent une pénurie flagrante de bus face à la marée de supporters, aggravée par la congestion routière paralysante autour des stades, notamment à proximité du complexe Moulay El Hassan. Face à ces embouteillages, une pratique exaspère les citoyens : le refus de rouler. De nombreux chauffeurs de taxi désertent certaines lignes habituelles, jugées trop encombrées, laissant les passagers sans solution.
A lire : Casablancais exaspéré par le comportement des taxis
Pour le syndicat UMT, dont un représentant a été interrogé par Hespressles conducteurs sont les premières victimes d’une mauvaise gestion des routes. Le syndicaliste explique que sans voies réservées – une demande formulée avant le tournoi – les taxis sont coincés dans la circulation comme les individus. Le calcul est vite fait : accepter un trajet à 30 dirhams qui prendra une heure à cause des embouteillages devient une opération déficitaire, une fois déduits le carburant et les revenus journaliers dus au titulaire du permis. Pour les professionnels, la solution passait par la création d’itinéraires exclusifs pour fluidifier les rotations, demande restée lettre morte.
Lire : Taxis au Maroc : le grand ménage a commencé
Cet argument économique n’est pas bien accueilli par les défenseurs des consommateurs. Ali Chtour, président de l’Association marocaine de défense des droits des consommateurs, dénonce un « désengagement » inacceptable. Pour lui, détenir une autorisation de transport en commun impose une obligation de service, quelles que soient les conditions de circulation. Il appelle les autorités locales à agir pour mettre fin à ce qu’il qualifie d’anarchie, estimant que la réussite de cette fête continentale exige des sacrifices de chacun, loin de la seule logique du profit immédiat. Il invite même les usagers à monter dans les véhicules sans demander au préalable la destination, rappelant que le refus de vente est illégal.