Guterres demande une consultation sahraouie pour approuver le plan d’autonomie marocain
Guterres demande une consultation populaire sur le plan d’autonomie du Sahara, le Conseil de sécurité doit statuer fin octobre 2026
Guterres réclame une consultation permettant aux Sahraouis d’accepter ou de rejeter le projet d’autonomie; le Conseil de sécurité statuera d’ici le 31 octobre 2026.
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, propose dans son rapport transmis le 1er octobre 2026 au Conseil de sécurité l’organisation d’un « véritable processus de consultation » afin que la population du Sahara puisse accepter ou refuser librement le statut qui lui serait proposé. La recommandation remet au centre du débat la question de l’adhésion populaire à une solution fondée sur l’autonomie et ouvre un nouveau point de divergence entre les parties impliquées dans la longue médiation sur le statut du territoire.
Guterres demande une consultation populaire sur l’autonomie
Dans son rapport, Guterres souligne que toute proposition de règlement doit garantir l’exercice du droit à l’autodétermination et inclure une consultation claire et crédible de la population concernée. Le texte transmis au Conseil de sécurité insiste pour que ce processus permette aux personnes concernées d’accepter ou de rejeter librement le statut proposé, sans qu’une option ne soit imposée a priori. La formulation vise à concilier la recherche d’un compromis politique avec les principes de légitimité démocratique.
Contenu principal du plan d’autonomie et désaccords
Le plan présenté par Rabat, développé après l’adoption de la résolution 2797 en octobre 2025, décrit une région autonome dotée d’un gouvernement local, d’un parlement régional et de compétences policières étendues, tout en restant dans le cadre de la souveraineté marocaine. Le Front Polisario, de son côté, maintient sa demande d’un référendum incluant l’option de l’indépendance. La distinction entre une consultation sur l’acceptation d’un statut d’autonomie et un référendum sur l’indépendance est au cœur des divergences qui ont bloqué les pourparlers jusqu’à présent.
Interventions diplomatiques récentes et position de l’envoyé onusien
L’envoyé personnel du secrétaire général, Staffan de Mistura, a rappelé devant le Conseil de sécurité le 8 octobre 2026 la nécessité d’obtenir l’adhésion des populations au règlement négocié, précisant qu’une autonomie ne peut être simplement imposée. Ces déclarations renforcent l’idée que la légitimité du processus politique dépendra autant de la procédure que du contenu du compromis proposé aux Sahraouis.
Rôle des États-Unis et calendrier politique à respecter
Les États-Unis, qui ont réaffirmé leur soutien à la souveraineté marocaine sur le Sahara depuis 2020, jouent un rôle clé dans la préparation du texte de résolution qui sera soumis au vote du Conseil de sécurité avant le 31 octobre 2026. Washington a déjà animé plusieurs cycles de discussions tripartites et quadripartites impliquant le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario, sans parvenir à résoudre les points de blocage. Le calendrier impose désormais une échéance serrée pour concilier positions divergentes et garantir une procédure acceptée par les parties.
Recommandation sur la MINURSO et évolution de son mandat
Le rapport recommande par ailleurs de prolonger le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) d’un an, jusqu’au 31 octobre 2027. Cette proposition intervient alors que certains acteurs, dont Rabat et Washington, souhaitent revoir les missions et le fonctionnement de la force déployée depuis 1991. Toute modification opérationnelle de la MINURSO pourrait accompagner la mise en œuvre d’un processus politique, mais nécessiterait un consensus au sein du Conseil de sécurité sur son nouvel équilibre de tâches et de responsabilités.
Risques juridiques et obstacles politiques à venir
La mise en place d’une consultation sur l’autonomie pose des questions juridiques et pratiques : définition précise du corps électoral, garanties d’impartialité, rôle des observateurs internationaux et modalités de mise en œuvre des résultats. Sans accord sur ces paramètres, une consultation risque de manquer de crédibilité aux yeux des opposants et d’exacerber les tensions régionales. L’Algérie, partie prenante indirecte aux discussions, reste attentive aux implications territoriales et humanitaires de toute évolution, ce qui complique encore la recherche d’un compromis global.
Les prochaines semaines seront déterminantes : le Conseil de sécurité doit statuer sur la reconduction de la mission et le cadre des négociations, tandis que les acteurs régionaux et internationaux tenteront de préciser les modalités d’une consultation susceptible d’être acceptée par les Sahraouis et par les protagonistes de la région.