Hantavirus à bord du MV Hondius près du Cap‑Vert : trois décès, passagers bloqués
Hantavirus à bord du MV Hondius : deux cas confirmés, trois décès et évacuations en cours
Deux cas confirmés et cinq suspects de hantavirus à bord du MV Hondius près du Cap-Vert : trois morts, évacuations médicales et enquête sanitaire aux Canaries.
Un bateau de croisière en voyage depuis l’Argentine fait face à une épidémie de hantavirus après la confirmation de deux cas et la suspicion de cinq autres parmi sept personnes tombées malades. Trois des malades sont décédés, un autre a été évacué pour soins intensifs et plusieurs passagers restent à bord alors que des évacuations médicales et une enquête sanitaire internationale sont organisées. Le navire, positionné dans l’Atlantique près du Cap-Vert, transporte encore à ce jour plus d’une centaine de passagers et membres d’équipage.
Bilan des cas et profil des victimes
Deux cas de hantavirus ont été confirmés et cinq autres restent suspects parmi sept personnes ayant présenté des signes cliniques durant la croisière. Parmi ces sept malades, trois sont décédés : un couple néerlandais et un ressortissant allemand. Un passager de nationalité britannique a été évacué et hospitalisé en Afrique du Sud dans un état grave. Les trois autres personnes présentant des symptômes ont des signes légers pour l’instant. Au total, au moins 147 personnes — passagers et membres d’équipage — demeurent embarquées sur le navire.
Chronologie des événements médicaux
Le premier décès a été enregistré le 11 avril, alors que le navire approchait d’une zone isolée de l’Atlantique Sud. Le corps est resté à bord jusqu’au 24 avril, date à laquelle il a été débarqué sur une île de l’Atlantique Sud; son épouse, qui l’accompagnait, présentait d’abord des symptômes gastro-intestinaux. Lors d’un vol vers Johannesburg, son état s’est aggravé et elle est décédée à son arrivée aux urgences le 26 avril. Peu après, un autre passager a développé une forme grave de la maladie et a été évacué médicalement vers l’Afrique du Sud, où un test est revenu positif au hantavirus.
Situation à bord et décisions de routage
L’opérateur du navire rapporte que l’atmosphère à bord reste globalement calme malgré l’événement sanitaire. Des efforts sont en cours pour contrôler l’état des passagers, effectuer des examens cliniques et organiser des débarquements ciblés. Les autorités espagnoles ont indiqué qu’elles accepteraient d’accueillir le navire aux îles Canaries afin de permettre une inspection complète, une désinfection du navire et une évaluation épidémiologique des personnes encore à bord. Les itinéraires envisagés incluent Las Palmas et Tenerife pour procéder aux opérations sanitaires nécessaires.
Évacuations médicales et traçage des contacts
Des évacuations médicales ciblées ont été organisées : les autorités prépareraient l’évacuation de deux personnes symptomatiques ainsi que d’une personne liée à une victime décédée. Parallèlement, un traçage des contacts a été lancé pour identifier les personnes susceptibles d’avoir été exposées, notamment les passagers d’un vol reliant une île de l’Atlantique Sud à Johannesburg qui transportait l’une des personnes décédées. Le traçage vise à prévenir toute transmission secondaire et à permettre un suivi médical rapide des contacts potentiels.
Origine possible et mode de transmission
Le hantavirus est surtout transmis par le contact avec les excréments, l’urine ou la salive de rongeurs infectés, ou par l’inhalation d’aérosols contaminés. Les symptômes initiaux peuvent inclure fièvre et signes gastro-intestinaux, puis évoluer rapidement vers des complications respiratoires sévères comme une pneumonie, un syndrome de détresse respiratoire aiguë et un état de choc. La transmission interhumaine reste rare pour la plupart des hantavirus humains, ce qui limite le risque de propagation généralisée, mais chaque cluster exige une enquête précise pour identifier la souche et les modes de contamination.
Parcours du navire et implications logistiques
Les enregistrements de navigation montrent que le navire a visité des zones très reculées, notamment une île isolée de l’Atlantique Sud, ce qui complique la logistique des soins et des évacuations. Le voyage avait commencé en Argentine au mois de mars et s’est poursuivi le long de routes peu fréquentées, rendant le rapatriement des malades et la gestion des restes humains plus complexes. L’acceptation du navire par les autorités portuaires espagnoles devrait faciliter les opérations de débarquement, les bilans médicaux et la désinfection complète du navire.
En dépit du caractère grave des cas à bord, le risque pour le grand public reste considéré comme limité si des mesures de biosécurité appropriées sont appliquées et si le traçage des contacts est mené rapidement et efficacement. Des contrôles supplémentaires, des tests et une surveillance accrue des personnes évacuées et des contacts demeurent essentiels pour confirmer l’étendue de l’exposition et empêcher toute transmission secondaire.