La colère monte face à la hausse des frais de scolarité
Loin d’être une simple correction inflationniste, la hausse des tarifs dans les établissements en gestion directe du cluster Rabat-Kénitra s’inscrit dans une stratégie financière de long terme. Selon des documents internes consultés par Défiles frais de scolarité ont bondi de près de 30 % depuis 2017 et devraient continuer de croître mécaniquement de 4 % par an jusqu’en 2029. Cette trajectoire, qualifiée de « structurelle, continue et assumée » par l’administration, marque un tournant pour un système qui semble abandonner sa vocation de service public diplomatique pour une logique de rentabilité, faisant peser l’essentiel du risque financier sur les parents d’étudiants.
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La révolte des familles se cristallise notamment autour du projet de reconstruction du collège Saint-Exupéry de Rabat, dont le budget a explosé de façon spectaculaire. Initialement estimé à 65 millions de dirhams, le coût du projet a triplé pour atteindre 18 millions d’euros, un ratio au mètre carré inédit pour le secteur. Alors que près de 10 millions d’euros ont déjà été collectés via des hausses de prix successives, aucun permis de construire n’a encore été délivré à ce jour, alimentant un sentiment d’opacité et l’impression pour les usagers de financer « un projet qui n’existe pas encore ».
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Ce resserrement des prix est d’autant plus difficile qu’il s’accompagne, selon les témoignages, d’une dégradation perceptible de la qualité de l’enseignement. Les parents soulignent l’absentéisme croissant, les non-remplacements et l’élimination d’options, créant un effet de coin insoutenable entre le coût et le service fourni. Par ailleurs, le transfert des fonds de pension des personnels détachés vers les familles locales est perçu comme une rupture du contrat moral, transformant l’éducation en une source d’angoisse où « chaque rentrée scolaire est vécue comme une épreuve » pour les ménages, contraints de faire de douloureux arbitrages financiers.
Face à cette dynamique, l’éducation française, autrefois vantée pour son excellence et sa relative diversité sociale, risque de devenir un système sélectif pour l’argent. Le mécontentement actuel dépasse la simple exigence comptable de remettre en question la pérennité d’un modèle où l’école est désormais gérée comme un centre de profit devant sécuriser ses flux de trésorerie, au risque de rompre le lien de confiance historique qui l’unissait aux familles marocaines et étrangères.