La prolifération des patients mentaux inquiets au Maroc
Le réseau alerte l’ampleur inquiétante de la crise de santé mentale au Maroc, qui menace la santé publique et la sécurité des citoyens. Dans une lettre ouverte adressée au gouvernement, le RMDDS précise que près de 425 cas de patients mentaux ont été identifiés en 2024, selon les données disponibles. La préoccupation est en croissance, affirme l’organisation, qui se souvient du drame qui s’est produit le vendredi 22 août 2025 à Iouzzer, où un policier en service a été poignardé à mort par un patient sans-abri.
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Selon le réseau, cette situation a la principale cause de l’augmentation de la pauvreté et du chômage chez les jeunes, la prolifération des drogues et des substances psychoactives, et une pénurie de personnes humaines (psychiatres et spécialisées) et d’infirmières financières. À cela s’ajoute l’obsolescence de la plupart des hôpitaux et des centres psychiatriques du Royaume, ainsi que leur engorgement, qui ne permet pas de traiter les patients mentaux dans de bonnes conditions. L’organisation dénonce également la hausse des prix des médicaments psychiatriques, l’indisponibilité de certaines spécialités dans les pharmacies et les hôpitaux, l’interruption fréquente des traitements et le coût exorbitant des services dans les centres privés pour lutter contre les dépendances.
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Le RMDDS note une faible volonté politique de réformer le secteur, soulignant que le Dahir N ° 1-59-295 promulgué en 1959, est obsolète et ne répond plus aux exigences actuelles en termes de psychiatrie et de droits de l’homme. Il déplore également le retrait, en septembre 2023, du projet de loi N ° 71.13 concernant la lutte contre les troubles mentaux et la protection des droits des personnes touchées. Le réseau note également l’absence d’une politique nationale intégrée et multidimensionnelle pour lutter efficacement contre ce fléau et la stigmatisation sociale des patients, ce qui les conduit à errer, à la violence, à l’exclusion et même au suicide.
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Pour mettre fin à ce phénomène, le réseau appelle à la mise en œuvre d’un plan d’action urgent et mondial. Précisément, il invite le gouvernement à réviser le budget dédié à la santé mentale, à effectuer un recrutement massif de psychiatres et d’infirmières spécialisés, ainsi que la création de centres et de structures hospitaliers régionaux modernes adaptés à la réception et à la réintégration sociale des patients sans abri. Le RMDD demande également aux autorités de renforcer le cadre juridique afin de garantir les droits des patients. Il appelle finalement à une révision des prix des médicaments et des services de base, et l’organisation des campagnes nationales de sensibilisation à la stigmatisation des patients.