La Sierra Leone accueille neuf migrants expulsés des États-Unis sous l’ère Trump
La Sierra Leone reçoit neuf migrants expulsés des États‑Unis dans le cadre d’un accord tiers
Sierra Leone a reçu neuf migrants expulsés des États‑Unis dans le cadre d’un accord tiers financé à 1,5 M$, une mesure qui suscite critiques et inquiétudes.
Un premier vol transportant neuf personnes expulsées des États‑Unis a atterri mercredi 20 mai 2026 à l’aéroport proche de Freetown, marquant la première arrivée de migrants renvoyés via un accord tiers impliquant la Sierra Leone. Selon le ministère de l’Intérieur, les personnes débarquées comprenaient cinq ressortissants du Ghana, deux de Guinée, une du Sénégal et une du Nigeria. Les autorités locales ont indiqué que la plupart des migrants avaient subi des mois de détention aux États‑Unis et présentaient des signes de traumatisme.
Neuf migrants rapatriés à Freetown
Le groupe, arrivé sur un seul vol, a été accueilli par des représentants des ministères de la Santé et de l’Intérieur. Doris Bah, responsable au ministère de la Santé présente sur les lieux, a déclaré que les déportés étaient « traumatisés par les mois passés enchaînés pendant leur détention aux États‑Unis » et que plusieurs souhaitaient retourner rapidement dans leur pays d’origine. Les autorités ont précisé que l’accueil initial comporterait une période de prise en charge humanitaire et logistique sur le territoire sierra‑léonais.
Origines et circonstances des arrestations
Les autorités ont détaillé l’origine des migrants et les circonstances de leur arrestation aux États‑Unis : cinq étaient originaires du Ghana, deux de Guinée, un du Sénégal et un du Nigeria. Parmi les cas cités, certains ont été appréhendés dans la rue ou sur leur lieu de travail, et un autre a été arrêté alors qu’il jouait au football. Ces circonstances illustrent la diversité des profils concernés par les opérations d’expulsion menées par les autorités américaines dans le cadre de leur politique d’immigration.
Prise en charge médicale et logistique
À leur arrivée, les migrants ont reçu une évaluation médicale et un soutien psychologique de première urgence. Doris Bah a indiqué que tous seraient hébergés temporairement dans un hôtel mis à disposition par l’État sierra‑léonais. Les autorités ont précisé que le séjour en Sierra Leone ne devait pas excéder environ 90 jours, délai pendant lequel les migrants bénéficieraient d’une assistance pour organiser leur retour vers leurs pays d’origine. Des tranches de soins et des services sociaux ont été annoncés pour répondre aux besoins immédiats des rapatriés.
Accord de transit et financement américain
Le ministre des Affaires étrangères, Timothy Musa Kabba, a expliqué que le gouvernement sierra‑léonais avait accepté d’accueillir ces personnes pour une période d’environ 90 jours avant leur renvoi vers leurs États d’origine. Il a ajouté que l’accord était facilité par une subvention américaine de 1,5 million de dollars destinée à couvrir les coûts humanitaires et opérationnels liés à cette mesure. Les autorités n’ont pas précisé si des concessions supplémentaires avaient été négociées dans le cadre de cet accord bilatéral.
Accords similaires conclus avec d’autres États africains
Les États‑Unis ont conclu des accords de réadmission ou de transit similaires avec plusieurs pays africains. Parmi ceux qui ont été mentionnés figurent la République démocratique du Congo, la Guinée équatoriale, le Soudan du Sud, le Rwanda, l’Ouganda, l’Eswatini, le Ghana et le Cameroun. Ces partenariats visent à faciliter le déplacement de personnes expulsées mais ont également provoqué des débats sur leur transparence et leur conformité aux normes internationales de protection des droits humains.
Critiques des organisations de défense des droits humains
Des organisations de défense des droits humains ont vivement critiqué ces accords, les qualifiant d’opaque et susceptibles de violer les obligations internationales en matière de protection. En septembre, l’une de ces organisations a appelé les pays africains à rejeter ces mécanismes, estimant qu’ils faisaient partie d’une stratégie qui mettait en danger les droits fondamentaux des personnes expulsées. Les critiques portent notamment sur l’absence de garanties suffisantes concernant l’intégrité physique, le statut légal et la possibilité pour les personnes expulsées de demander une protection internationale.
Les autorités sierra‑léonaises ont déclaré qu’elles assureraient la prise en charge humanitaire et l’organisation des retours, tandis que les ONG restent vigilantes quant aux conditions de détention antérieures et aux garanties de protection pendant et après le transit. Les prochains jours devraient préciser le calendrier des rapatriements vers les pays d’origine et déterminer si d’autres vols similaires seront programmés vers la Sierra Leone.