L’ASA recommande d’arrêter Ozempic et GLP‑1 avant chirurgie élective pour éviter l’aspiration
ASA alerte : interrompre Ozempic et autres GLP‑1 avant une chirurgie programmée pour limiter le risque d’aspiration
L’ASA conseille d’interrompre Ozempic et GLP‑1 avant chirurgie programmée pour réduire le risque d’aspiration lié au ralentissement de la vidange gastrique.
La société américaine d’anesthésie a émis une recommandation provisoire invitant les patients traités par agonistes du récepteur GLP‑1 — utilisés pour le diabète et la perte de poids — à envisager l’arrêt de ces médicaments avant une intervention chirurgicale programmée. Cette mise en garde fait suite à des signalements d’anesthésistes selon lesquels des patients ayant respecté un jeûne nocturne présentaient néanmoins des résidus alimentaires dans l’estomac au moment de l’induction anesthésique, augmentant le risque d’inhalation pulmonarienne de contenu gastrique.
ASA recommande la suspension des GLP‑1 avant chirurgie programmée
L’alerte de l’ASA est présentée comme une orientation provisoire destinée à réduire le risque d’aspiration pulmonaire lors d’anesthésie générale. Pour limiter la présence de contenu gastrique au moment de l’induction, l’organisation conseille que les patients sous administration quotidienne de GLP‑1 envisagent de ne pas prendre leur dose le jour de l’intervention, et que ceux sous injection hebdomadaire envisagent d’interrompre le traitement environ sept jours avant l’opération. Ces recommandations visent les chirurgies programmées et ne s’appliquent pas aux interventions en urgence.
Anesthésistes signalent des cas d’estomac non vide malgré le jeûne
Plusieurs praticiens ont rapporté des situations où, malgré un jeûne apparemment respecté, des patients présentaient des aliments non digérés dans l’estomac. Dans certains cas, des régurgitations ou vomissements sont survenus avant l’intubation, événements qui augmentent fortement le risque que des particules gastriques atteignent les voies respiratoires. Ces observations ont motivé une revue ciblée et la diffusion d’un message de prudence aux équipes chirurgicales et aux prescripteurs.
Effet pharmacologique : ralentissement de la vidange gastrique par les GLP‑1
Les agonistes du récepteur GLP‑1 agissent sur les voies hormonales et nerveuses qui régulent l’appétit et la digestion. Un effet pharmacologique reconnu est le ralentissement de la vidange gastrique, qui peut prolonger la présence d’aliments dans l’estomac après ingestion. Comme les recommandations de jeûne préopératoire classiques ont été élaborées avant l’usage répandu de ces médicaments, elles peuvent ne pas garantir un estomac vide chez les patients sous GLP‑1, d’où le besoin d’ajuster la prise médicamenteuse.
Recommandations pratiques selon la fréquence d’administration
L’orientation pratique diffère selon la fréquence de la posologie : pour les formulations à prise quotidienne, omettre la dose la matinée de l’intervention est suggéré ; pour les formules hebdomadaires, envisager une interruption d’environ sept jours. En cas d’intervention en urgence, il est nécessaire de supposer que l’estomac peut être plein et d’appliquer des techniques anesthésiques adaptées, comme l’induction séquentielle rapide et une protection accrue de la voie aérienne.
Stratégies pour maintenir le contrôle glycémique si le GLP‑1 est arrêté
La suspension temporaire d’un GLP‑1 peut être gérée sans compromettre durablement l’équilibre glycémique pour la plupart des patients. Des alternatives transitoires, notamment des insulines à courte durée d’action ou d’autres traitements oraux, peuvent être utilisées selon le profil métabolique. Certaines molécules à longue demi‑vie continuent d’exercer un effet après la dernière injection, ce qui peut diminuer le besoin immédiat de substitution. La coordination avec un endocrinologue est recommandée lorsque l’arrêt dépasse un intervalle d’administration habituel.
Communication préopératoire et coordination entre prescripteurs
Les patients doivent signaler clairement lors des consultations préopératoires qu’ils prennent Ozempic, Wegovy ou d’autres GLP‑1, en précisant la formulation et le calendrier posologique. Comme les rencontres préopératoires se font parfois seulement avec le chirurgien, il est important que le patient évoque le traitement pour que l’équipe anesthésique en soit informée à temps. Une communication fluide entre le prescripteur, l’endocrinologue, le chirurgien et l’anesthésiste permet d’établir un plan personnalisé qui concilie sécurité peropératoire et contrôle métabolique.
L’ASA souligne que ces conseils sont provisoires et susceptibles d’évoluer à mesure que de nouvelles données cliniques seront recueillies, et invite les cliniciens à signaler les événements périopératoires pertinents. Les patients considérant une chirurgie programmée doivent donc discuter avec leur médecin prescripteur et l’équipe chirurgicale pour déterminer le calendrier d’arrêt éventuel et les alternatives thérapeutiques adaptées à leur situation médicale.