Le Maroc dépasse l’Inde et devient deuxième destination des transferts depuis l’Italie
Le Maroc s’impose comme deuxième destination des transferts depuis l’Italie, dépassant l’Inde
Le Maroc prend la 2e place des transferts d’argent depuis l’Italie sur 12 mois à juin 2026, représentant 7 % des flux, porté par 292,5 M€ au 1er semestre.
Le Maroc a devancé l’Inde dans le classement des pays destinataires des transferts d’argent effectués depuis l’Italie sur les douze mois clos en juin 2026. Les données rendues publiques le 9 octobre 2026 montrent que le royaume concentre désormais 7,0 % des sommes envoyées par les circuits de transfert recensés, contre 6,8 % pour l’Inde. Le Bangladesh conserve la première place, avec 19,4 % des flux. Ce repositionnement traduit une dynamique récente des envois de fonds et des variations sectorielles parmi les principaux pays bénéficiaires.
Chiffres clés et évolution des parts de marché
Sur la période de douze mois à fin juin 2026, la part du Maroc dans les transferts depuis l’Italie atteint 7,0 %, contre 6,8 % pour l’Inde et 19,4 % pour le Bangladesh. Un an plus tôt, sur l’ensemble de 2025, l’Inde figurait encore en deuxième position avec 6,9 % des transferts, tandis que le Maroc se situait à 6,7 %. Le basculement observé entre 2025 et le semestre mobile achevé en juin 2026 marque donc une progression relative du Maroc, même si les écarts restent faibles en points de pourcentage.
Montants envoyés au Maroc et tendance semestrielle
Les flux monétaires confirment la progression : entre janvier et juin 2026, les transferts vers le Maroc ont atteint 292,5 millions d’euros, soit une hausse de 4 % par rapport au premier semestre 2025. Sur l’ensemble de l’année 2025, le royaume avait déjà reçu près de 580 millions d’euros. Ces montants illustrent l’importance des envois trimestriels et semestriels dans le total annuel, et montrent que la tendance observée au premier semestre 2026 a contribué directement au gain de position du Maroc au classement.
Évolution globale des transferts depuis l’Italie
Malgré la progression vers le Maroc, le panorama général des transferts depuis l’Italie présente des signes de ralentissement. Au deuxième trimestre 2026, les sommes envoyées à l’étranger ont reculé de 3,1 % en glissement annuel. Toutefois, ce repli global cache des mouvements divergents : les flux destinés à l’Afrique du Nord et au Proche-Orient ont progressé de 2,7 % sur la même période, indiquant un recentrage partiel des envois vers ces zones géographiques au détriment d’autres régions.
Poids de la communauté marocaine en Italie
La communauté marocaine en Italie constitue un facteur structurant de ces échanges. Au 1er janvier 2025, le pays comptait 412 457 résidents de nationalité marocaine. La taille et la dispersion de cette communauté jouent un rôle direct dans le volume des transferts, alimentés par les envois de soutien familial, le financement de logements, le paiement des études et d’autres dépenses courantes. La concentration de transferts vers le Maroc s’explique en grande partie par ces liens familiaux et économiques entre résidents en Italie et bénéficiaires au Maroc.
Conséquences économiques et perspectives pour les flux
La montée du Maroc au deuxième rang peut avoir plusieurs implications. À court terme, elle souligne la résilience et la stabilité des envois vers le Maghreb, même quand les flux globaux diminuent. À moyen terme, la tendance pourrait influencer les stratégies des prestataires de transfert et des établissements financiers qui ajustent leurs offres en fonction des corridors dominants. Du côté des récipiendaires, des montants plus élevés et réguliers contribuent au financement de dépenses domestiques et d’investissements privés, avec des effets indirects sur la consommation et le logement.
En l’état, la permutation entre Maroc et Inde reste modeste en valeur relative, mais significative sur le plan statistique : elle traduit un rééquilibrage des destinations au sein d’un marché des transferts qui reste volatil. Les prochains trimestres permettront de vérifier si cette position est durable ou si elle résulte d’effets temporaires liés à variations saisonnières, conjoncturelles ou à des évolutions démographiques entre pays d’origine et de destination des fonds.
Les acteurs économiques et les institutions financières suivront attentivement l’évolution des corridors de transfert afin d’adapter leurs services et de répondre aux besoins des migrants et des familles bénéficiaires.