Le ministère prépare un référentiel national mesurant la maturité digitale des administrations publiques
Le ministère lance un référentiel national pour mesurer la maturité digitale des administrations
Le ministère lance un référentiel pour mesurer la maturité digitale des administrations et accélère la numérisation dans le cadre de Maroc numérique 2030.
Le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration a annoncé le lancement imminent d’un référentiel national destiné à mesurer la maturité digitale des administrations publiques. Présentée lors d’une réunion de la Commission de la justice, de la législation, des droits de l’Homme et des libertés à la Chambre des représentants, cette initiative vise à instaurer une évaluation régulière et harmonisée des performances numériques des structures publiques afin d’accélérer la transformation des services offerts aux citoyens.
Objectifs et finalités du référentiel national
Le référentiel a pour objectif principal de favoriser l’auto-évaluation des administrations, d’identifier les besoins d’accompagnement des structures les moins avancées et d’aligner les mécanismes d’évaluation sur des standards internationaux. Il doit permettre aux administrations de suivre leur progression, de prioriser les investissements numériques et d’améliorer l’efficacité des services publics numériques. L’outil s’inscrit dans une logique de gouvernance et de pilotage qui inclut des indicateurs de performance mesurables et des cycles d’audit réguliers.
Évaluation des registres de données administratives
Parallèlement, le ministère a lancé une seconde évaluation ciblée sur le niveau de maturité des registres de données administratives. Cette démarche vise à renforcer l’échange d’informations entre administrations, à simplifier les procédures et à améliorer la gouvernance et la sécurité des données publiques. L’évaluation des registres doit aussi faciliter l’interopérabilité des systèmes et garantir une gestion plus fiable des informations, condition indispensable pour des services numériques performants et résilients.
Renforcement des plateformes publiques numériques
Le bilan présenté met en avant le renforcement de plateformes nationales communes, dont le portail des procédures administratives « Idarati », le référentiel national des services publics numériques et la plateforme « Mon identité numérique ». Le référentiel national des services recense désormais plus de 600 services publics accessibles en ligne, dont une centaine dédiés aux administrations. La refonte du portail de l’emploi public, lancée dans sa nouvelle version en 2025, a également produit des chiffres significatifs : entre 2019 et 2025, la plateforme a enregistré plus de 833 000 candidatures en ligne, impliquant 115 administrations publiques et la dématérialisation de 1 348 concours.
Résultats concrets de la simplification administrative
La méthode du « Parcours de l’usager » est citée comme levier de simplification : elle a permis de réduire le nombre d’étapes, de documents requis et les déplacements nécessaires pour accomplir certaines démarches, contribuant à raccourcir les délais et à diminuer les coûts supportés par les usagers. Les projets pilotes menés jusqu’à présent ont permis, selon le ministère, une réduction moyenne de 45 % du nombre de documents exigés. Un exemple concret donné lors de la réunion est l’inscription à l’examen du baccalauréat libre, dont la durée est passée de deux jours à moins de vingt minutes après la suppression de cinq documents et de six démarches administratives.
Cadre réglementaire et enjeux de gouvernance
Sur le plan réglementaire, le ministère accélère la préparation de textes visant à consolider le cadre juridique de l’administration numérique. Deux projets de décret ont été évoqués : l’un pour généraliser l’identité nationale numérique et encadrer les modalités d’identification des usagers sur les plateformes administratives ; l’autre portant sur les données publiques ouvertes, destiné à préciser les règles d’organisation, de diffusion et de gouvernance des jeux de données publiques. Ces mesures sont présentées comme nécessaires pour sécuriser les échanges, protéger les droits des usagers et favoriser la transparence administrative.
La réunion parlementaire était également dédiée au suivi des recommandations du rapport 2024 du Médiateur du Royaume, qui appelle à accélérer la transition numérique pour réduire les contacts directs entre usagers et administrations, renforcer la transparence et lutter contre la corruption. Le rapport souligne par ailleurs l’importance d’améliorer les délais de traitement des demandes et réclamations, tout en garantissant la continuité et la qualité du service public, notamment pour les populations les plus vulnérables.
Les prochaines étapes annoncées comprennent le déploiement progressif du référentiel au sein des administrations, le lancement d’opérations d’évaluation des registres de données et l’adoption des décrets réglementaires attendus. L’objectif affiché par la stratégie Maroc numérique 2030 reste ambitieux : simplifier 40 % des procédures administratives, réduire de moitié les délais de traitement, accélérer le remplacement des procédures papier par des services numériques et porter le taux de satisfaction des usagers à 80 %. La mise en œuvre effective de ces mesures dépendra de la coordination interinstitutionnelle, des ressources allouées et du suivi des indicateurs de performance au fil des évaluations.