Les gains territoriaux russes en Ukraine quasi nuls en 2026 selon l’ISW
Progression territoriale russe quasi nulle en 2026 tandis que les pertes humaines explosent en Ukraine
En 2026 la Russie n’a conquis que 117,38 km² en Ukraine; les pertes humaines augmentent et les frappes massives ciblent infrastructures énergétiques et civils.
Les gains territoriaux de la Russie sur le front ukrainien se sont quasiment taris au cours des dix premiers mois de 2026, tandis que le bilan humain et l’intensité des frappes ont atteint des niveaux inédits depuis le début du conflit. Les chiffres disponibles pour la période montrent une avancée minime de l’ordre de cent kilomètres carrés, contrastant fortement avec les milliers de kilomètres carrés gagnés lors des années précédentes, et une hausse marquée des pertes militaires russes signalées par les autorités ukrainiennes.
Avancée territoriale réduite en 2026
Le territoire attribué aux gains russes entre janvier et octobre 2026 se limite à environ 117,38 km², soit une progression journalière inférieure à 0,5 km². Cette dynamique marque un net ralentissement par rapport à 2025, où les gains annuels s’élevaient à plusieurs milliers de kilomètres carrés, et à 2024. La donne militaire sur le terrain a évolué : si la Russie a maintenu des zones d’infiltration, la fermeté du contrôle sur certains secteurs s’est érodée, et des revers ont été enregistrés au cours de l’automne.
Hausse significative des pertes humaines
Les autorités ukrainiennes ont communiqué des estimations élevées des pertes ennemies pour la période du 1er janvier au 31 octobre 2026, faisant état de centaines de milliers de militaires russes tués ou grièvement blessés. Les totaux mensuels ont eux-mêmes battu des records récents, avec des chiffres en forte hausse au cours de l’été et de l’automne. Ces pertes dépassent largement les capacités de recrutement estimées de la Russie, ce qui pose des questions sur la durabilité des opérations offensives et sur la pression exercée sur les viviers mobilisables.
Pertes mensuelles et pression sur le recrutement
Les bilans mensuels de pertes ont atteint des niveaux inhabituels, avec plusieurs mois consécutifs où les chiffres ont augmenté. Cette trajectoire a intensifié les débats sur la capacité de remplacement des effectifs et sur l’efficacité des opérations. Les estimations de recrutement mensuel pour la Russie restent nettement inférieures aux pertes déclarées, ce qui crée un déséquilibre persistant entre le volume des victimes et la capacité de reconstitution des forces.
Intensification des frappes à longue portée
Face à ces difficultés sur le terrain, la Russie a multiplié les frappes à longue portée visant notamment les infrastructures civiles et énergétiques. Une série d’attaques massives a été enregistrée début novembre, comprenant plusieurs milliers de drones et des dizaines de missiles sur une même semaine. Les épisodes les plus denses ont coïncidé avec des pics de tirs et de lancements, exacerbant les dégâts matériels et les pertes civiles.
Impact sur les infrastructures et la vie civile
Les attaques répétées contre les réseaux électriques et les installations énergétiques ont privé des centaines de milliers de foyers d’électricité à l’approche de l’hiver. Les coupures ont des conséquences directes sur le chauffage, les hôpitaux et les services essentiels, aggravant la vulnérabilité des populations. Des frappes particulièrement meurtrières ont en outre touché des lieux où s’exerçait une aide humanitaire, provoquant un tollé et accentuant les tensions autour de la protection des civils en zone de conflit.
Épisodes d’évacuation et incidents locaux
Des évacuations ont eu lieu dans plusieurs villes assiégées, avec l’évacuation de centaines d’habitants lors de trêves locales. L’un des cessez-le-feu localisés les plus longs observés récemment a permis l’évacuation de plusieurs centaines de civils d’une ville assiégée, tandis que des informations font état d’arrestations de journalistes pour leur couverture de ces mouvements de population. Parallèlement, des attaques ont frappé des zones où l’aide était distribuée, entraînant de nombreuses victimes civiles et alimentant des accusations mutuelles entre belligérants.
Les derniers mois montrent donc un tableau contrasté : des pertes humaines en forte hausse et une intensification des frappes de l’autre côté, tandis que la conquête territoriale russe est presque inexistante en 2026. La combinaison d’un front plus statique, d’une pression militaire accrue et d’un impact civil croissant crée un contexte de haute incertitude pour la suite des opérations et pour la sécurité des populations. Les développements récents imposent une attention soutenue sur l’évolution de la capacité logistique et de recrutement, la protection des infrastructures civiles et les conditions humanitaires à l’approche de la saison hivernale.