Ramdane Touhami emménage dans la Sneakerbox House à Tokyo après cinq ans
Ramdane Touhami emménage dans Sneakerbox House à Tokyo après un chantier mouvementé
Ramdane Touhami a emménagé dans Sneakerbox House à Tokyo après cinq ans de travaux marqués par retards, imprévus techniques et choix architecturaux audacieux, la maison restant partiellement inachevée.
Ramdane Touhami, créateur franco-marocain, a passé sa première nuit dans Sneakerbox House, sa nouvelle résidence à Tokyo, après un chantier qui a duré bien plus longtemps que prévu. L’opération, initiée il y a cinq ans, devait initialement s’achever deux ans plus tôt. Le concepteur a décrit la période de travaux comme extrêmement éprouvante, en raison d’une série d’aléas techniques et réglementaires qui ont compliqué la réalisation de son projet personnel.
Première nuit après un chantier éprouvant
La maison est désormais habitable, mais la fin du chantier a laissé des traces d’une exécution mouvementée. Malgré l’emménagement, certains éléments extérieurs et la grande terrasse sur le toit n’ont pas encore été meublés. Le créateur, âgé de 52 ans, a endossé le rôle de maître d’œuvre attentif aux détails, allant jusqu’à modifier la couleur d’un escalier en spirale peu avant la livraison. Ces ajustements de dernière minute témoignent d’un engagement personnel fort pour obtenir le résultat souhaité.
Retards et surprises géotechniques
Les retards ont pour origine des complications sur le chantier : des fondations plus profondes que prévu, des obstacles découverts dans le sol et des contraintes imposées afin de préserver l’ensoleillement des bâtiments voisins. Ces aléas ont réduit la surface habitable initialement attendue et nécessité des adaptations techniques prolongées. La combinaison de ces difficultés a repoussé la date de livraison de plusieurs saisons, obligeant l’équipe à repenser certaines solutions structurelles et logistiques.
Un projet architectural en strates
L’architecture de Sneakerbox House repose sur une idée simple mais expressive : une pile de volumes indépendants, comme autant de boîtes à chaussures empilées, chacune avec sa propre identité. Le rez-de-chaussée en béton brut entend refléter une sensibilité contemporaine inspirée du Japon moderne. L’étage en briques rouges renvoie à la mémoire toulousaine du propriétaire, tandis que des briques de verre rappellent des références parisiennes. Une terrasse en bois noir japonais coiffe l’ensemble et prolonge la silhouette du bâtiment vers le paysage urbain de Tokyo.
Collaborations et choix de matériaux
L’architecte chargé du projet a accompagné la mise en œuvre des intentions formelles et techniques, tandis que le créateur et son studio ont conçu l’essentiel des aménagements intérieurs. Les matériaux choisis sont autant de déclarations esthétiques : béton apparent, briques traditionnelles, briques de verre et bois sombre. La cuisine, totalement métallique, intègre un rocher massif provenant des Alpes allemandes, un détail qui illustre la volonté de mêler références personnelles et objets singuliers. Le traitement des surfaces et la palette chromatique ont été revus au fil du chantier, y compris la décision de repeindre en orange vif un escalier qui devait initialement rester blanc.
Parcours personnel et enjeux du projet
Né à Montauban dans une famille d’ouvriers agricoles d’origine marocaine, le propriétaire a développé une trajectoire entrepreneuriale marquée par la mode et le luxe. Aux prises avec un projet résidentiel très personnel, il a voulu faire de cette maison un lieu de confluence entre ses racines et ses influences professionnelles. Le chantier servait aussi de laboratoire pour ses choix esthétiques et artisanaux, plaçant l’objet architectural au centre d’un récit biographique et créatif.
Finitions restantes et perspectives d’usage
Si les espaces intérieurs sont désormais habitables, la maison conserve quelques chantiers ouverts, notamment l’ameublement de la grande terrasse sur le toit qui offre une vue sur Tokyo. L’usage quotidien pourra évoluer au fil de l’ameublement et des ajustements pratiques. Le bâtiment, pensé comme une superposition d’espaces à forte identité, devrait offrir des situations de vie variées, adaptées tant à la réception qu’à l’intimité.
La livraison de Sneakerbox House marque l’aboutissement d’un projet long et complexe, où contraintes techniques, décisions esthétiques et références personnelles se sont entremêlées pour produire une maison singulière à Tokyo. Malgré les retards et les difficultés rencontrées, la résidence incarne la volonté d’un créateur de transposer des mémoires et influences multiples dans un objet architectural habitable et chargé de sens.