Loi de finances 2026 : déficit budgétaire de 20,2 MMDH à fin juin
Déficit budgétaire de 20,2 MMDH à fin juin 2026 : analyse de l’exécution de la Loi de finances
Fin juin 2026, la TGR relève un déficit budgétaire de 20,2 MMDH; l’exécution de la LF, ses recettes, dépenses et structure financière sont détaillées.
L’exécution de la Loi de finances à fin juin 2026 affiche un solde budgétaire négatif de 20,2 milliards de dirhams (MMDH), un repli par rapport au déficit de 24,9 MMDH enregistré à la même date un an plus tôt. Cette évolution traduit une dynamique contrastée entre l’évolution des recettes ordinaires et celle des charges hors amortissements, ainsi que l’impact des opérations d’emprunt et des amortissements de la dette sur le bilan public. Les chiffres publiés pour le premier semestre font apparaître des tendances clefs pour la trajectoire financière de l’État au cours de l’année.
Solde budgétaire et comparaison annuelle
Le solde négatif de 20,2 MMDH correspond à des ressources ordinaires établies à 357,8 MMDH et à des charges hors amortissements de la dette atteignant 377,9 MMDH. Comparé à la même période de 2025, le déficit s’est réduit de 4,7 MMDH, reflétant principalement un écart plus favorable entre recettes ordinaires et dépenses courantes. Toutefois, l’amélioration reste modeste et souligne la persistance d’un déséquilibre structurel qui dépendra des ajustements budgétaires et de la cadence des recettes au second semestre.
Rôle des emprunts et effet net sur les ressources
Les recettes d’emprunts à moyen et long terme ont totalisé 60,4 MMDH sur la période, tandis que les amortissements de la dette se sont élevés à 35,2 MMDH. Au total, ces opérations ont dégagé un excédent net de ressources sur charges de 5 MMDH, contribuant à atténuer l’impact du déficit primaire. L’apport des emprunts explique en partie la capacité de financement de l’État au cours du semestre, même si il alourdit la trajectoire future du service de la dette.
Composition et réalisation des ressources publiques
Les ressources globales de l’État pour le deuxième trimestre ont atteint 418,2 MMDH, soit 58,7% des prévisions inscrites dans la Loi de finances. La composition de ces ressources montre une domination des recettes ordinaires (54,9%), complétées par des emprunts à moyen et long terme (14,4%), les recettes des comptes spéciaux du Trésor (CST) qui représentent 30,3% et les recettes des services gérés de manière autonome (SEGMA) avec 0,4%. Par ailleurs, les arriérés de remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) s’élevaient à 33,5 MMDH, tandis que les demandes de restitution liées à l’impôt sur les sociétés (IS) atteignaient 2 MMDH à la fin décembre 2025, des éléments qui pèsent sur la trésorerie et la lecture des recettes effectives.
Répartition des charges et priorités de dépenses
Les charges totales se sont établies à 413,2 MMDH, correspondant à un taux de réalisation de 54,3% des prévisions annuelles. La répartition interne révèle que les dépenses ordinaires du budget général représentent 51,7% de ces charges, les dépenses d’investissement 15,1%, tandis que les émissions liées aux comptes spéciaux du Trésor constituent 24,6% et les amortissements de la dette 8,5%. Cette ventilation traduit une priorité continuelle aux dépenses courantes, avec un effort d’investissement encore en retrait par rapport à la masse globale des engagements budgétaires.
Incidences sur la trajectoire budgétaire et enjeux à court terme
La réduction du déficit primaire observée au premier semestre crée une marge de manœuvre limitée pour la seconde moitié de l’année, mais la soutenabilité dépendra de plusieurs facteurs : le rythme des recouvrements fiscaux, la maîtrise des dépenses courantes, la gestion des demandes de remboursement et des arriérés de TVA, ainsi que le recours à des financements extérieurs ou domestiques. L’équilibre entre financement par emprunts et amortissements devra être soigneusement piloté pour éviter une pression excessive sur la charge de la dette à moyen terme.
Les chiffres du semestre constituent un cadrage clair des efforts nécessaires pour respecter les objectifs annuels inscrits dans la Loi de finances. La progression des recettes ordinaires et la réduction des arriérés de remboursements seront essentielles pour améliorer la position budgétaire sans recourir de manière disproportionnée à l’endettement. Enfin, la réorientation partielle des dépenses vers l’investissement pourrait renforcer le potentiel de croissance, sous réserve d’un pilotage rigoureux des dépenses et d’une optimisation des recettes.