Maroc et Portugal renforcent partenariat au SIAM pour moderniser la filière élevage
Maroc : la filière animale face aux défis climatiques et à la modernisation lors du SIAM
Au SIAM 2026, le Maroc a placé la transformation durable de la production animale au cœur des débats, annonçant mesures de résilience, modernisation des filières et une coopération renforcée avec le Portugal.
Ouverture de la réflexion sur la filière animale
La conférence de haut niveau organisée pendant la 18e édition du Salon International de l’Agriculture du Maroc a rassemblé pouvoirs publics, acteurs du secteur et partenaires internationaux afin d’évaluer l’état de la filière animale et d’identifier des réponses aux défis actuels : changement climatique, pression sur les ressources hydriques, volatilité des marchés et mutations des modes de consommation. L’objectif affiché est de mettre la durabilité et la résilience au centre d’un plan d’action décennal.
Poids économique et enjeux sociaux
La production animale reste un pilier de l’économie agricole nationale, représentant près de 35 % du PIB agricole et assurant des revenus à environ 1,2 million d’éleveurs. Le secteur génère également une masse importante d’emplois saisonniers et permanents, estimée à quelque 135 millions de journées de travail par an. Ces chiffres soulignent le caractère stratégique d’une filière qui irrigue tant les régions rurales que le marché intérieur.
Chiffres nationaux du cheptel et de la production
Les données du recensement de 2025 indiquent un cheptel total de 33 millions de têtes d’ovins, caprins, bovins et camelins. La production annuelle s’élève à environ 530 000 tonnes de viandes rouges et à 2 milliards de litres de lait. Le secteur avicole produit pour sa part près de 784 000 tonnes de viandes blanches et environ 6,5 milliards d’œufs par an. Ces volumes confirment l’importance de la filière mais mettent aussi en évidence sa vulnérabilité face aux chocs climatiques.
Mesures d’urgence et leviers de résilience
Face à l’une des plus longues années de sécheresse récentes, aggravée par un contexte géopolitique difficile, les autorités ont déployé un ensemble de mesures visant à préserver l’élevage et l’approvisionnement des marchés. Les actions annoncées comprennent le renforcement de la production d’aliments pour le bétail, l’amélioration des dispositifs de sécurité sanitaire animale et des programmes visant à augmenter la productivité laitière et bouchère. Le développement de l’insémination artificielle et la production locale de semences à haut rendement figurent également parmi les priorités pour améliorer les races bovines destinées à la viande.
Modernisation des infrastructures et des circuits
La modernisation des chaînes de valeur a été présentée comme un impératif. Les initiatives prévues portent sur la réhabilitation des circuits de commercialisation, la modernisation des abattoirs, le développement des infrastructures logistiques et la promotion de formations professionnelles. L’objectif est d’améliorer la qualité des produits, réduire les pertes post-récolte et renforcer la traçabilité sanitaire pour gagner en compétitivité sur les marchés régionaux et internationaux.
Coopération scientifique et partenariat avec le Portugal
L’édition a mis le Portugal à l’honneur, matérialisant une volonté conjointe de construire des systèmes alimentaires plus durables et inclusifs. La coopération annoncée vise à renforcer les échanges scientifiques entre institutions de recherche, à développer des solutions adaptées dans les domaines de la santé animale et végétale, et à soutenir l’amélioration des cultures et des pratiques d’élevage. Le partenariat inclut l’exploration d’opportunités d’investissement et une possible participation marocaine à des dispositifs européens dédiés à la compétitivité et à la recherche.
Accords signés et perspectives d’innovation
Plusieurs accords structurants ont été conclus lors du salon, couvrant l’innovation agricole, la modernisation des filières, la sécurité alimentaire et la recherche et développement. Des protocoles entre instituts de recherche et structures technologiques ont été signés pour renforcer les synergies public-privé. Ces engagements doivent permettre le déploiement de solutions innovantes adaptées aux contraintes locales, notamment en matière d’économie d’eau, d’alimentation animale et de résilience des systèmes d’élevage.
Les décisions prises et les partenariats engagés lors du SIAM traduisent une feuille de route claire pour adapter la filière animale aux défis climatiques et économiques. La mise en œuvre effective des mesures annoncées, la montée en puissance des projets de recherche appliquée et l’accompagnement des éleveurs sur le terrain seront déterminants pour transformer ces orientations en gains concrets de productivité, de durabilité et de création de valeur pour les territoires ruraux.