Maroc suspend les exportations de tomates vers l’Afrique pour protéger le marché national
Le Maroc suspend les nouvelles autorisations d’exportation de tomates vers l’Afrique pour sécuriser le marché intérieur
Le gouvernement suspend, à compter de la nuit du 4 au 5 novembre 2026, la délivrance de nouvelles autorisations d’exportation de tomates vers les pays africains afin de préserver l’approvisionnement national et stabiliser les prix.
La délivrance de nouvelles autorisations d’exportation de tomates vers les marchés africains a été interrompue par décision gouvernementale, effective dès la nuit du 4 au 5 novembre 2026. Les opérations des camions disposant déjà de licences valides sont maintenues, mais aucune nouvelle licence à destination de l’Afrique ne sera accordée pour le moment. La Fédération interprofessionnelle de la filière fruits et légumes (FIFEL) a informé les opérateurs de cette mesure, présentée comme temporaire et destinée à réguler les flux et à renforcer l’offre sur le marché intérieur.
Modalités de la suspension et application immédiate
La mesure s’applique uniquement aux nouvelles autorisations destinées aux pays africains ; les transports déjà autorisés peuvent poursuivre leurs exportations sans rupture. L’entrée en vigueur a été annoncée mercredi soir pour mise en œuvre dans la nuit du 4 au 5 novembre 2026, afin d’éviter des perturbations logistiques immédiates pour les chargements déjà programmés. Aucun calendrier précis de réouverture des autorisations n’a été communiqué aux professionnels à ce stade.
Conséquences pour les exportateurs et la chaîne logistique
Les exportateurs travaillant avec des clients africains devront geler de nouvelles expéditions en attente de la délivrance d’autorisations. Les entreprises disposant de licences en cours peuvent continuer leurs opérations, ce qui limite à court terme l’impact financier immédiat sur les envois déjà engagés. Toutefois, l’impossibilité d’obtenir de nouvelles licences risque d’entraîner une baisse des volumes exportés vers l’Afrique dans les prochaines semaines, avec des répercussions possibles sur les contrats commerciaux et la trésorerie des exportateurs.
Facteurs internes: rendements et coûts de production
La hausse des prix de la tomate sur le marché national s’explique notamment par des rendements en baisse dans la région du Souss-Massa, principale zone productrice du pays. Parallèlement, l’augmentation des coûts des engrais et du carburant pèse sur la rentabilité des producteurs et alourdit le prix de revient de la culture. Ces éléments combinés réduisent l’offre disponible pour la commercialisation intérieure et ont conduit les autorités à privilégier l’approvisionnement du marché domestique.
Exemptions vers l’Europe et données de la campagne 2025-2026
Les envois destinés au marché européen ne sont pas concernés par la suspension. Les tomates vendues vers l’Union européenne, où les prix de vente sont généralement plus élevés, continueront de circuler selon les règles commerciales habituelles. Lors de la campagne 2025-2026, les exportations vers l’Europe ont représenté un volume significatif, évalué à 503 000 tonnes, ce qui explique le maintien des flux vers ce marché stratégique pour la filière.
Objectifs gouvernementaux et précédents
L’initiative s’inscrit dans une série de mesures visant à maîtriser les prix alimentaires et à garantir l’accès aux produits de première nécessité. Le gouvernement avait déjà pris des mesures de régulation des exportations de certains produits alimentaires quelques mois plus tôt, et la présente décision est présentée comme une action temporaire pour stabiliser les prix internes. Le ministère de l’Économie et des Finances avait annoncé antérieurement l’intention de réguler certains flux d’exportation afin de limiter les tensions sur les marchés domestiques.
La suspension est qualifiée de temporaire par les autorités, mais aucune date de reprise de la délivrance des nouvelles autorisations n’a été confirmée aux acteurs du secteur. Les professionnels devront suivre de près les communications officielles pour évaluer la durée de la mesure et ajuster leurs contrats et logistiques en conséquence. La filière attend des précisions sur les critères qui permettront la levée de la suspension et sur les dispositifs d’accompagnement destinés aux producteurs et exportateurs affectés.