Mohammed VI gracie des supporters sénégalais détenus après la finale CAN à Rabat
Mohammed VI accorde la grâce aux supporters sénégalais détenus après les violences de la finale de la CAN 2025
Mohammed VI a gracié 15 supporters sénégalais détenus après les violences lors de la finale de la CAN 2025 à Rabat; libération officiellement prévue le 23/05/26.
Le roi Mohammed VI a accordé sa grâce royale aux supporters sénégalais encore incarcérés à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 à Rabat, a indiqué un communiqué de la cour royale publié le 23 mai 2026. La mesure, motivée par des «raisons humanitaires» et les «liens fraternels séculaires» entre le Maroc et le Sénégal, intervient «à l’occasion de l’avènement de l’Aïd al-Adha», selon le texte officiel.
Détention et condamnations prononcées
En février 2025, la justice marocaine a condamné 18 supporters sénégalais à des peines allant de trois mois à un an de prison après les violences sur le terrain du stade Moulay Abdellah. Trois d’entre eux ont été libérés à la mi-avril 2025 après avoir purgé des peines de trois mois. Les quinze autres, condamnés à des peines comprises entre six mois et un an, étaient encore incarcérés au moment du communiqué royal. La grâce annoncée vise explicitement ces 15 personnes encore détenues.
Motifs retenus par le parquet et évaluation des dégâts
Le parquet s’est appuyé principalement sur les images des caméras du stade, ainsi que sur les certificats médicaux fournis par des agents des forces de l’ordre et des stadiers blessés. Les autorités ont également mis en avant des constats de dégâts matériels évalués à plus de 370 000 euros (environ 430 000 dollars). Ces éléments ont servi de fondement aux poursuites aboutissant aux condamnations prononcées en février.
Déroulé de la finale du 18 janvier 2025
La finale, qui s’est tenue le 18 janvier 2025, a viré au chaos après l’attribution d’un penalty au Maroc dans le temps additionnel. Une invasion du terrain a suivi, obligeant l’arbitre à suspendre la rencontre pendant 14 minutes tandis que les joueurs et le staff sénégalais quittaient le terrain pour protester. À la reprise, le Maroc a manqué son penalty et le Sénégal a finalement remporté le match 1-0 dans le temps additionnel. Les incidents ont donné lieu à enquêtes et à poursuites contre des individus identifiés sur les images.
Décision de la CAF et suites juridiques sportives
La Confédération africaine de football (CAF) a annulé la décision sportive initiale le 17 mars 2025 en attribuant finalement une victoire 3-0 au Maroc, au motif que le Sénégal avait enfreint le règlement en se retirant du terrain. La CAF a ainsi donné suite à l’appel de la Fédération royale marocaine de football. De son côté, le Sénégal a déposé un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS/CAS) basé en Suisse; une décision de cette juridiction peut prendre jusqu’à un an, laissant en suspens la validité définitive du résultat sportif.
Calendrier de libération et déclaration de l’avocat
L’avocat Patrick Kabou, qui représentait plusieurs des supporters condamnés, a déclaré que les personnes graciées devaient être libérées «samedi soir». En précisant la date, cette formulation correspond au samedi 23 mai 2026 au soir, date à laquelle la grâce est devenue effective selon la communication de la cour royale. La mesure devrait entraîner la sortie immédiate des détenus visés et la fin de leur exécution de peine pénale.
Conséquences diplomatiques et sociales
La grâce royale intervient dans un contexte sensible où des tensions sportives se sont doublées de retombées juridiques et diplomatiques. Le geste est présenté par la cour comme motivé par des considérations humanitaires et par les liens historiques entre Rabat et Dakar. Sur le plan public, la décision pourra contribuer à apaiser les relations bilatérales à court terme, tout en laissant ouvertes les questions relatives aux responsabilités individuelles et à la gestion de la sécurité dans les enceintes sportives.
La libération prévue le 23 mai 2026 n’annule pas les débats en cours concernant le déroulé de la rencontre et les recours sportifs déposés, notamment devant le Tribunal arbitral du sport, qui devra trancher sur l’issue définitive du match et ses conséquences réglementaires.