Moreno arrêté à Tanger pour blanchiment et trafic de 10,8 tonnes de haschich
Chef présumé d’un réseau de haschich arrêté à Tanger : salaires fictifs et 10,8 tonnes saisies
Un chef présumé d’un vaste réseau de trafic de haschich a été interpellé à Tanger; l’enquête met au jour des fiches de paie fictives, une entreprise impliquée et 86 personnes arrêtées.
Les autorités ont annoncé l’arrestation à Tanger, le 8 octobre, d’un homme présenté comme le chef présumé d’un important réseau de trafic de haschich surnommé « Moreno ». Les enquêteurs affirment que ce réseau utilisait des rémunérations fictives — supérieures à 5 000 euros nets par mois pour certains salariés « sur le papier » — afin de donner une apparence légale aux revenus issus du commerce illégal de drogue. Le suspect, qui avait quitté sa résidence dans la région madrilène au mois de mars alors que les investigations progressaient, attend désormais les démarches relatives à son extradition vers l’Espagne.
Mécanisme des salaires fictifs
Dès l’origine de l’enquête, les magistrats et la police financière se sont intéressés aux flux bancaires présentés comme salaires. Des virements réguliers ont été identifiés au profit de personnes qui n’exerçaient apparemment aucune activité professionnelle effective au sein des structures déclarées. Pour les enquêteurs, ces paiements servaient à réintroduire en apparence légale les bénéfices tirés du trafic, en les mélangeant à des revenus déclarés et en facilitant leur circulation dans le système financier.
Rôle d’une société graphique dans les transactions
Parmi les structures pointées par l’enquête figure une entreprise d’arts graphiques, accusée d’avoir versé des rémunérations sans contrepartie réelle. Les documents saisis mentionnent des fiches de paie établies depuis au moins 2019, ainsi que des factures et des opérations immobilières susceptibles d’avoir servi au recyclage des bénéfices. Le propriétaire enregistré de la société est visé par les poursuites et conteste les accusations par l’intermédiaire de son défenseur. Sa situation familiale est également mentionnée par les autorités, sans lien judiciaire direct communiqué au-delà des accusations financières.
Organisation des importations et stockage
Les investigations ont reconstitué le circuit logistique du réseau : l’importation de quantités importantes de haschich depuis le Maroc, puis la répartition et le stockage dans plusieurs lieux en Espagne avant distribution à des acheteurs nationaux et européens. Les forces de l’ordre ont localisé sept lieux de stockage différents servant à la conservation et à la préparation des expéditions. Ces découvertes ont permis de documenter la chaîne criminelle, depuis l’arrivée des cargaisons jusqu’aux canaux de distribution.
Saisies et impact opérationnel
Les opérations de perquisition et de saisie menées sur le territoire espagnol ont abouti à la confiscation de 10,8 tonnes de haschich. Ce volume, élevé pour des opérations nationales, témoigne de l’ampleur du réseau et de sa capacité logistique. Parallèlement aux saisies de stupéfiants, des comptes bancaires, véhicules et biens immobiliers liés aux protagonistes de l’affaire ont été ciblés pour empêcher la dissipation des avoirs présumés illicites.
Arrestations et suite judiciaire
Au total, l’enquête a conduit à l’interpellation de 86 personnes réparties dans plusieurs provinces espagnoles. Parmi elles, 18 individus ont été placés en détention provisoire. Les procédures judiciaires suivent leur cours : instructions complémentaires, analyses financières approfondies et demandes d’extradition pour les personnes appréhendées à l’étranger. La détention du chef présumé à Tanger est considérée comme une étape majeure pour permettre l’avancée des poursuites transfrontalières.
L’affaire illustre la combinaison de moyens employée par des organisations criminelles pour blanchir d’importantes sommes d’argent et maintenir des structures opérationnelles transnationales. Les autorités restent mobilisées pour suivre les pistes financières et poursuivre les personnes impliquées dans la mise en place de mécanismes de camouflage comptable et patrimonial.