Nawal Farih, députée, dénonce la violence des fausses couches répétées en politique
Lutte contre la douleur : Nawal Farih, députée, plaidoyer pour les femmes touchées par les fausses couches
Nawal Farih, députée du CD&V et son mari Sammy Mahdi, traversent une période difficile après avoir perdu deux bébés en moins d’un an. Forte de son expérience, Farih appelle à des réformes médicales pour mieux soutenir les femmes souffrant de fausses couches.
Une année marquée par la douleur
Nawal Farih, élue de 38 ans, a vécu des moments dévastateurs en moins d’un an. Enceinte lors de son mariage en octobre, elle a perdu son bébé à huit semaines de grossesse. La douleur s’est accentuée avec une nouvelle grossesse en janvier, qui s’est également soldée par une perte tragique en mars, alors qu’elle était au Parlement. Cette expérience l’a placée parmi les 3 % de femmes souffrant de fausses couches à répétition.
La violence du parcours médical
La douleur ne vient pas seulement des pertes personnelles, mais aussi de la manière dont elle a été traitée médicalement. Lors de sa première perte, Nawal Farih a reçu une pilule abortive et a dû expulser son fœtus chez elle. Elle décrit cette expérience comme un moment de « violence extrême ». Pour sa seconde grossesse, la député a dû attendre une semaine et demie pour obtenir un curetage, souffrant psychologiquement en portant un fœtus sans vie.
Un appel à la compréhension institutionnelle
Face à cette tragédie, Farih s’est heurtée à une froideur institutionnelle. Lorsqu’elle a demandé des examens médicaux pour comprendre ses pertes, l’hôpital a refusé, précisant que les analyses n’étaient effectuées qu’après trois fausses couches. Ce manque de considération a profondément marqué la députée, qui souligne l’importance de l’écoute et du soutien dans ces situations critiques.
Un combat politique basé sur l’expérience personnelle
Nawal Farih transforme sa douleur en action politique. Elle remet en question les statistiques officielles, qui parlent d’une femme sur quatre touchée par des fausses couches. Selon elle, ces chiffres ne reflètent pas la réalité, car les arrêts cardiaques survenant avant la 22e semaine de gestation ne sont pas comptabilisés. Cette sous-estimation, selon elle, doit changer.
Vers un changement des pratiques de soin
Pour pallier ce manque de soutien et améliorer les soins maternels, Nawal Farih prépare un « plan de naissance ». Cette initiative vise à adopter un modèle de suivi précoce des grossesses, inspiré du modèle danois, garantissant un accompagnement humain et structuré aux familles devant faire face à des pertes.
Un appel à l’unité et à l’empathie
Farih ne milite pas seulement pour elle-même, mais pour toutes les femmes qui souffrent en silence. En partageant son expérience, elle souhaite briser le tabou entourant les fausses couches et encourager les discussions sur ce sujet délicat. Elle cherche à rappeler que derrière chaque chiffre se cache une histoire, celle de femmes et de familles brisées.
Nawal Farih continue d’avancer dans son combat, déterminée à changer les choses pour celles qui viennent après elle.