Nigéria demande des enquêtes à l’Afrique du Sud après deux morts lors d’attaques xénophobes
Deux Nigérians tués lors de manifestations anti-immigrés en Afrique du Sud, Abuja exige enquêtes et rapatriements
Deux Nigérians tués lors de manifestations anti-immigrés en Afrique du Sud: Abuja demande des enquêtes approfondies, organise des évacuations et met en garde Pretoria contre de nouvelles mesures diplomatiques.
Résumé de l’événement
La sécurité des ressortissants africains en Afrique du Sud s’est détériorée selon le ministre nigérian des Affaires étrangères, après la mort de deux citoyens nigérians dans des circonstances survenues le 28 juin 2026. Les victimes, identifiées comme Musa Yunana Joe et Charles Iroegbu, ont péri au milieu d’une vague de violences et d’arrestations liées aux manifestations anti-immigrés qui se sont multipliées ces dernières semaines.
Détails des décès le 28 juin
Musa Yunana Joe a été retrouvé tué devant son commerce à eMalahleni le 28 juin; le ministère nigérian indique qu’il a été attaqué par des individus non identifiés. Le même jour, Charles Iroegbu est décédé lors d’un interrogatoire mené par la police à Pretoria. La police sud-africaine a déclaré que le meurtre de Joe ne semblait pas lié aux manifestations anti-immigrés, mais n’a pas fourni d’explication immédiate quant à la mort d’Iroegbu. La juxtaposition des deux affaires a alimenté l’inquiétude diplomatique et humanitaire entre Abuja et Pretoria.
Réaction et demandes d’Enquêtes du Nigeria
Le ministre nigérian des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, a averti que la situation ne montre « aucun signe d’amélioration » et a annoncé l’organisation de vols supplémentaires pour évacuer des ressortissants nigérians. Abuja a demandé une enquête complète sur les circonstances des deux décès et a mis Pretoria en garde : « toutes les options restent sur la table » si les actes d’intolérance et de violence dirigés contre les étrangers ne sont pas effectivement combattus. Le gouvernement nigérian réclame que toute information exploitable soit immédiatement transmise aux autorités sud-africaines chargées de l’application de la loi afin de permettre des enquêtes impartiales.
Position officielle de l’Afrique du Sud
Le porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères, Chrispin Phiri, a indiqué que Pretoria a demandé au Haut-commissariat du Nigeria de transmettre toute information utile aux forces de l’ordre pour permettre une investigation approfondie et conforme à l’État de droit. Le gouvernement sud-africain continue de maintenir que certaines morts ne sont pas liées aux manifestations, mais la multiplication d’incidents violents, d’attaques contre des commerces tenus par des étrangers et d’arrestations contestées a fragilisé la confiance entre les autorités et plusieurs missions diplomatiques africaines.
Étendue des manifestations et conséquences matérielles
Les manifestations visent principalement des migrants sans papiers, accusés par certains groupes locaux d’occuper des emplois et de solliciter des services publics en période de difficultés économiques. Ces mouvements ont donné lieu à des pillages et à des incendies de commerces appartenant à des étrangers, provoquant des pertes matérielles importantes. Plusieurs pays africains, dont le Mozambique et le Ghana, ont élevé des réclamations diplomatiques après des décès de leurs ressortissants; le Mozambique a déclaré que cinq de ses citoyens avaient été tués fin mai, chiffre contesté par les autorités sud-africaines qui ont pour leur part évoqué un bilan différent.
Rapatriations et impact régional
Face à la recrudescence des violences, des centaines de Nigérians et des dizaines de milliers d’autres étrangers ont déjà quitté l’Afrique du Sud, une destination qui jusqu’à récemment restait attractive en raison de sa taille économique. Le Haut-commissariat de l’Ouganda à Pretoria a annoncé qu’un quatrième groupe de ressortissants ougandais se rapatriait volontairement. Les départs massifs et les appels à rapatriement organisés par plusieurs États africains traduisent une crise migratoire à dimension régionale, avec des répercussions économiques et sociales pour les communautés concernées.
Les autorités sud-africaines rappellent par ailleurs que le pays fait face depuis longtemps à un problème de criminalité violente qui dépasse le cadre strictement xénophobe, mais la conjonction de la criminalité et des frustrations économiques a alimenté des manifestations et des attaques ciblées. Les tensions diplomatiques entre Pretoria et plusieurs capitales africaines restent vives, tandis que les appels à des enquêtes indépendantes et à des mesures de protection pour les migrants se multiplient.