Oléoduc Drouzhba prêt à reprendre, l’UE pourrait débloquer 90 M€ pour l’Ukraine
L’Ukraine annonce la remise en service du pipeline Drouzhba, l’UE attend une décision sur un prêt de 90 M€
L’Ukraine affirme avoir réparé l’oléoduc Drouzhba; l’Union européenne pourrait débloquer 90 M€ après la levée du veto hongrois, décision attendue d’ici le 22 avril 2026.
Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a annoncé le 21 avril 2026 que l’oléoduc Drouzhba était prêt à reprendre ses opérations après des travaux de réparation entrepris suite à des dommages subis fin janvier 2026. Kiev associe la réouverture du pipeline au déblocage d’un prêt de 90 millions d’euros de l’Union européenne, jusqu’ici suspendu par le veto de la Hongrie. La haute représentante pour la politique étrangère de l’UE, Kaja Kallas, a indiqué s’attendre à une décision positive dans les 24 heures, soit d’ici le 22 avril 2026, date à laquelle les ambassadeurs des États membres se réunissent pour valider le dossier.
Zelensky annonce la réouverture du Drouzhba
Le président a déclaré que les “travaux de réparation” sur l’oléoduc, un réseau hérité de l’ère soviétique traversant l’Ukraine, étaient achevés et que le flux de pétrole vers l’Europe pouvait reprendre. Selon Kiev, l’infrastructure avait été endommagée par des attaques fin janvier 2026. Zelenskyy a lié explicitement la remise en service à l’activation du programme de soutien financier approuvé par le Conseil européen, affirmant que l’Ukraine avait satisfait aux exigences posées par certains États membres concernant la sécurité des livraisons terrestres de pétrole.
Montant et conditions du prêt européen
Le prêt de 90 millions d’euros, équivalant à environ 106 millions de dollars, demeure suspendu en raison d’objections formulées par au moins un État membre. Bruxelles a finalisé un ensemble d’engagements et de garanties requis dans le cadre du programme de soutien, mais l’opération n’avance pas tant que l’unanimité n’est pas obtenue au sein du Conseil. Kiev affirme avoir accompli les actions demandées et a relayé ces assurances au président du Conseil européen, Antonio Costa. Kaja Kallas a qualifié l’issue de “probablement positive” et a évoqué une décision imminente lors de la réunion des ambassadeurs prévue le 22 avril 2026.
Veto de la Hongrie et contexte politique interne
La Hongrie, fortement dépendante du pétrole russe, a utilisé son droit de veto pour retarder le décaissement. Budapest et d’autres pays comme la Slovaquie invoquent la nécessité d’assurer des flux terrestres fiables avant d’approuver l’aide. Le blocage a pris une dimension politique après des mois de tensions au sujet des relations énergétiques avec Moscou. Le dossier politique interne hongrois a aussi évolué récemment : le Premier ministre Viktor Orbán, réputé pour sa proximité avec le Kremlin, a subi une défaite lors des élections récentes, ce qui alimente les analyses selon lesquelles Budapest pourrait assouplir sa position dans les jours à venir.
Position de la Russie et capacité technique de reprise
Le Kremlin a déclaré que la Russie était techniquement en mesure de reprendre les livraisons via l’oléoduc Drouzhba vers la Hongrie et la Slovaquie si l’Ukraine mettait fin à ce que Moscou qualifie de “chantage”. La déclaration russe souligne que, d’un point de vue logistique, les infrastructures en aval sont opérationnelles pour recevoir et transporter le pétrole terrestre, conformément aux règles exceptionnelles qui maintiennent la légalité de ces flux malgré l’interdiction des importations maritimes de pétrole russe décidée par l’UE après février 2022. Les autorités ukrainiennes et russes présentent cependant des récits contrastés sur les responsabilités et le calendrier effectif d’une reprise durable.
Incidents récents dans la chaîne d’approvisionnement
Parallèlement aux annonces diplomatiques, les tensions sur le terrain persistent. Les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont indiqué qu’une installation de pompage et d’expédition située dans la région russe de Samara, dans le village de Prosvet, avait été visée par des drones ukrainiens durant la nuit. Cette installation fait partie de la chaîne d’approvisionnement associée à l’oléoduc Drouzhba. De tels incidents soulignent la fragilité des flux et la vulnérabilité des infrastructures critiques, qui conditionnent la confiance des États importateurs et le calendrier de déblocage des aides financières.
L’Ukraine justifie l’urgence du prêt européen par des besoins budgétaires immédiats, même si elle a obtenu des financements auprès d’autres bailleurs. Pour l’UE et ses États membres importateurs, la question est désormais de concilier la sécurité énergétique, les obligations politiques envers Kiev et les dépendances nationales à l’égard des approvisionnements terrestres russes. La réunion des ambassadeurs prévue le 22 avril 2026 constituera un test décisif pour mesurer si la réouverture effective du Drouzhba suffit à lever le dernier obstacle politique au soutien financier européen.