OPCVM et personnes morales marocaines pèsent 65,6% des flux à la Bourse de Casablanca
Bourse de Casablanca : 65,6 % des flux captés par les OPCVM et personnes morales marocaines au T1-2026
Au premier trimestre 2026, les OPCVM et les personnes morales marocaines ont représenté 65,6 % des flux sur la Bourse de Casablanca; volumes, ordres et contrats montrent des mouvements contradictoires.
Le marché boursier national a affiché, au premier trimestre 2026, un paysage d’échanges marqué par une concentration nette des flux entre les véhicules collectifs et les acteurs institutionnels marocains, tandis que le volume global des transactions a reculé par rapport aux trimestres précédents. Le total des échanges sur les deux compartiments — central et blocs — s’est élevé à 26,9 milliards de dirhams (MMDH), une baisse sensible face aux 38,5 MMDH enregistrés au quatrième trimestre 2025 et aux 33,3 MMDH du premier trimestre 2025.
Poids relatif des catégories d’investisseurs
Les OPCVM et les personnes morales marocaines ont capté ensemble 65,6 % des flux sur le marché central, se répartissant en 38,4 % pour les OPCVM et 27,2 % pour les personnes morales. Les personnes physiques marocaines ont contribué pour 22,6 % du volume, tandis que les personnes morales étrangères, les investisseurs transitant par le réseau bancaire et les personnes physiques étrangères ont représenté respectivement 6,1 %, 5,4 % et 0,3 % du total.
Comportements acheteurs et vendeurs par catégorie
L’activité par sens des opérations révèle des positions divergentes. Les OPCVM se sont montrés en position nette acheteuse : achats à hauteur de 10,8 MMDH (en repli de 26,8 % en glissement) et ventes de 9,3 MMDH (en hausse de 6,1 %). En revanche, les personnes morales marocaines ont été en position nette vendeuse, avec des ventes de 7,9 MMDH (-10,2 %) et des achats de 6,3 MMDH (-31,7 %). Les personnes physiques marocaines, également nettes acheteuses, ont réalisé 6,2 MMDH d’achats (-19,8 %) et 5,6 MMDH de ventes (-29,5 %).
Flux étrangers et ordres via réseau bancaire
Les personnes morales étrangères ont accru leurs achats, qui s’établissent à 1,63 MMDH (+70,2 %), alors que leurs ventes reculèrent à 1,55 MMDH (-7,5 %). Les investisseurs passant par le réseau bancaire ont, quant à eux, augmenté tant leurs ventes (1,7 MMDH, +19,1 %) que leurs achats (1,2 MMDH, +11,7 %), signalant un dynamisme relatif de cette modalité d’accès au marché.
Nombre d’ordres et contrats en hausse malgré la baisse des volumes
Le flux des transactions sur le marché central a été soutenu par une forte augmentation du nombre d’ordres : 869 262 ordres au T1-2026, soit une progression de 59,2 % par rapport au T1-2025 et de 9,4 % par rapport au T4-2025. Le nombre de contrats a aussi augmenté, passant de 282 947 au T1-2025 à 416 399 au T1-2026 (+47,2 %), et s’établissant à 391 889 au T4-2025 (+6,3 % entre T4-2025 et T1-2026). Cette hausse du nombre d’ordres et de contrats contraste avec la diminution du volume moyen des transactions.
Répartition entre marché central et marché de blocs
La quasi-totalité des échanges a transité par le marché central, qui a représenté 98 % du total avec un volume de 26,3 MMDH. Ce niveau reste inférieur à celui du T1-2025 (31,6 MMDH, -16,7 %) et du T4-2025 (31 MMDH, -15,3 %). Le marché de blocs n’a constitué que 2 % du total, avec un volume de 568,8 millions de dirhams (MDH), confirmant la prédominance des échanges sur le compartiment central.
La dynamique observée au T1-2026 traduit un marché où la fréquence des opérations et le nombre d’ordres augmentent, mais où la taille moyenne des transactions diminue, entraînant une baisse du volume global. La concentration des flux entre OPCVM et personnes morales marocaines souligne le rôle central des acteurs institutionnels dans la liquidité et la formation des prix sur la place. Les comportements différenciés — acheteurs nets pour les OPCVM et les personnes physiques marocaines, vendeurs nets pour les personnes morales marocaines — indiquent des stratégies distinctes et un rééquilibrage possible entre placement collectif, gestion de trésorerie d’entreprise et investissement individuel.