Pannes d’électricité et manque de carburant paralysent l’hôpital des martyrs d’Al-Aqsa à Gaza
Hôpitaux de Gaza paralysés par les coupures d’électricité : patients et personnel à bout
Gaza : les coupures d’électricité paralysent les hôpitaux. Générateurs usés, manque de carburant et pièces détachées laissent des patients sans examens ni soins
Un homme blessé à la main est ressorti sans radiographie ni traitement après six heures d’attente dans un hôpital du centre de Gaza, illustrant la crise persistante qui affecte la capacité des établissements à soigner les blessés. Les interruptions répétées de l’alimentation électrique, la détérioration des générateurs et la pénurie de carburant ont rendu plusieurs services hospitaliers semi‑opérationnels, contraignant médecins et infirmiers à retarder ou à réduire des interventions vitales.
Coupures d’électricité et rupture des examens diagnostiques
La raréfaction de l’électricité a transformé des services entiers en salles d’attente inefficaces : appareils d’imagerie, blocs opératoires et laboratoires deviennent inopérants lors des arrêts d’alimentation. Un patient de 30 ans, rentrant à pied du travail, a été transporté vers l’hôpital des martyrs d’Al‑Aqsa après une explosion. Alors qu’il attendait une radiographie, l’hôpital a perdu l’électricité, empêchant la réalisation des tests indispensables à son diagnostic et à son traitement.
Attentes prolongées et conséquences pour les patients
Les longues heures d’attente sans résultats d’examens augmentent l’anxiété et la douleur des patients, et peuvent aggraver des pathologies qui exigent une prise en charge rapide. Des enfants, des personnes âgées et des blessés graves se retrouvent bloqués dans des services où l’absence d’énergie empêche la surveillance et l’administration des soins nécessaires. Le manque d’informations sur la nature réelle des blessures renforce la détresse des familles et du personnel.
Générateurs surchargés et maintenance déficiente
Les principaux générateurs de plusieurs hôpitaux ont été soumis à une pression continue depuis des mois, souvent au‑delà de leur capacité nominale. L’usure accrue des composants, l’absence de pièces de rechange et l’utilisation occasionnelle d’huiles non adaptées ont provoqué des pannes techniques récurrentes. Les équipes de maintenance recourent à des solutions temporaires pour garder les machines en marche, mais ces mesures retardent seulement l’inévitable.
Services vitaux exposés aux pannes
Les unités de soins intensifs, les blocs opératoires, les services d’anesthésie et les soins néonatals sont parmi les plus vulnérables. Toute interruption d’alimentation peut interrompre la ventilation artificielle, compromettre la surveillance des signes vitaux et mettre en danger des nouveau‑nés en couveuse. Des chirurgiens signalent la nécessité de raccourcir, reporter ou annuler des opérations importantes faute d’une alimentation stable, ce qui multiplie les risques pour les patients.
Pénuries de carburant et recours à des solutions temporaires
Le blocus et les difficultés d’approvisionnement ont provoqué des pénuries de carburant pour alimenter les générateurs. En conséquence, les établissements ont réduit leurs opérations quotidiennes, s’appuient ponctuellement sur l’énergie solaire lorsque disponible, ou utilisent des générateurs secondaires moins fiables. L’emploi d’huiles moteur non conformes aggravant les dysfonctionnements témoigne d’une crise logistique plus large.
Impact opérationnel et humain sur le personnel hospitalier
Le personnel médical travaille dans des conditions de pression continue : hausse des températures pendant la nuit, panne des systèmes électroniques et impossibilité d’accéder à des dossiers ou d’assurer la communication interne. Les infirmiers et ingénieurs biomédicaux décrivent une fatigue physique et mentale accrue, tandis que la surcharge des équipements met en péril la sécurité des patients à long terme.
Depuis le 7 octobre 2023, les destructions causées par les hostilités ont considérablement affaibli l’infrastructure sanitaire, et l’état du réseau électrique national reste gravement endommagé, avec des lignes détruites et une dépendance quasi totale aux générateurs. Les raids aériens quasi quotidiens depuis l’entrée en vigueur du cessez‑le‑feu en octobre 2025 ont entraîné de nouvelles victimes et maintiennent une pression constante sur les structures de santé : les bilans humains et matériels continuent d’alourdir la situation.
Les responsables hospitaliers insistent sur l’urgence d’un apport de nouveaux générateurs, de pièces de rechange et d’un accès fiable au carburant pour assurer la continuité des soins. Sans interventions rapides et un soutien technique durable, le risque d’interruption totale des services vitaux demeure élevé, ce qui augmenterait encore la souffrance des malades et des blessés.
La crise électrique soulève aussi des enjeux administratifs et logistiques : la panne d’Internet et des systèmes électroniques entrave l’enregistrement des patients, le suivi des cas et la coordination des équipes, réduisant l’efficacité des réponses médicales dans un contexte déjà marqué par des vagues successives de blessés et d’épidémies. Malgré des efforts remarquables du personnel soignant, la situation exige une réponse humanitaire et technique soutenue pour préserver l’accès aux soins essentiels.