Plus de 51 % des ruraux au Maroc bénéficient du raccordement individuel à l’eau potable
Le Maroc dépasse 51 % de raccordement individuel à l’eau potable en milieu rural, selon le ministre Nizar Baraka
Maroc: plus de 51% des ruraux raccordés à l’eau potable; 1,4 million de logements. Programme national et investissements prévus jusqu’en 2030 et coût ~10 MMDH.
Le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a annoncé à Rabat que plus de 51 % de la population rurale bénéficie désormais d’un raccordement individuel à l’eau potable. L’intervention, faite lors d’une séance à la Chambre des représentants sur la généralisation du raccordement, situe ce progrès dans une trajectoire longue: 22 % en 2004, 30 % en 2010, puis une montée régulière jusqu’au seuil actuel. Le bilan communiqué indique qu’environ 1,4 million de logements ruraux ont été raccordés, un chiffre porté par le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation lancé en 2020.
Progrès du raccordement rural
La hausse du taux de raccordement reflète des efforts soutenus sur près de deux décennies. Le passage de 22 % à plus de 51 % montre une concentration des interventions depuis 2010, avec une accélération notable après le lancement du programme national en 2020. Le chiffre d’environ 1,4 million de logements raccordés illustre la matérialisation de ces politiques sur le terrain, particulièrement dans les zones jusque-là éloignées des réseaux.
Investissements et rôle de l’ONEE
Entre le lancement du programme en 2020 et 2025, l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a engagé près de 5 milliards de dirhams pour renforcer les installations de production et d’approvisionnement. Ces investissements ont ciblé la modernisation des usines de traitement, la création de réservoirs et la pose de conduites adaptées aux territoires ruraux. Le financement vise à assurer la continuité et la qualité du service, en réduisant les pertes et en augmentant la capacité de desserte.
Cible 2030 et programmation des douars
Le ministère a présenté une programmation visant à approvisionner, à l’horizon 2030, quelque 11 050 douars, avec 7 890 douars supplémentaires prévus dans le cadre du même plan, pour un coût global estimé à environ 10 milliards de dirhams. Cette planification cible les villages non encore raccordés et prévoit la priorisation en fonction des besoins démographiques et de l’accès hydrique local. L’effort prévoit des chantiers d’adduction et des raccordements individuels, ainsi qu’un renforcement des infrastructures de stockage et de distribution.
Nouveau cadre juridique et gestion régionale
Le déploiement futur s’inscrit dans un nouveau cadre juridique qui renforce la responsabilité des sociétés régionales multi-services. Ces entités, prévues pour jouer un rôle opérationnel central, auront la charge de la gestion du secteur dans le cadre de la régionalisation avancée. La constitution de conseils d’administration intégrant les élus locaux doit accroître la gouvernance territoriale et favoriser la solidarité entre zones urbaines et rurales, selon les orientations évoquées par le ministère.
Partenariats institutionnels et modalités de financement
Le coût global des opérations jusqu’en 2030 est planifié en partenariat avec le ministère de l’Intérieur, les sociétés régionales multi-services et le ministère de l’Équipement et de l’Eau. Le montage financier combine les moyens publics, les ressources de l’ONEE et des mécanismes de cofinancement territoriaux. L’objectif annoncé est d’équilibrer investissements d’infrastructure et capacité de gestion locale pour garantir la pérennité des réseaux et l’accessibilité du service pour les ménages ruraux.
La généralisation du raccordement individuel est présentée comme une composante clé de la stratégie d’aménagement du territoire et de réduction des inégalités d’accès aux services de base. Si les chiffres récents témoignent d’avancées substantielles, la réalisation des objectifs à l’horizon 2030 dépendra de la cadence des travaux, de la capacité des structures régionales à assurer une gestion efficace et durable, et du suivi des financements. Les prochaines années seront déterminantes pour transformer les engagements budgétaires en services quotidiens accessibles à l’ensemble des populations rurales.