Polisario saisit la justice espagnole pour faire annuler les vols Ryanair vers Dakhla
Polisario engage une action judiciaire à Madrid pour obtenir le retrait des autorisations de vols Ryanair vers Dakhla
Polisario saisit la justice à Madrid pour obtenir le retrait des autorisations espagnoles accordées à Ryanair vers Dakhla ; les vols restent commercialisés.
Lundi 26 octobre 2026, à Madrid, des représentants du Front Polisario ont annoncé le dépôt d’une démarche judiciaire visant les autorisations accordées à la compagnie Ryanair pour exploiter des liaisons aériennes vers Dakhla. Le mouvement demande au gouvernement espagnol de retirer les permis d’exploitation accordés à la compagnie irlandaise, tout en indiquant qu’il envisage de porter le dossier devant les juridictions européennes si nécessaire. Les responsables qui ont pris la parole ont annoncé que leur équipe juridique était prête à engager des procédures en Espagne et au niveau supranational pour contester la légitimité des vols reliant des États membres de l’Union européenne au territoire du Sahara occidental.
Annonce formelle de la plainte à Madrid
La plainte annoncée lundi cible explicitement les autorisations délivrées par les autorités espagnoles permettant à Ryanair de mettre en vente des vols vers Dakhla. Lors de la présentation, des représentants du Polisario et des avocats mandatés ont expliqué que l’objectif principal était d’obtenir le retrait immédiat de ces autorisations. Ils ont précisé que l’action en justice porterait sur la conformité réglementaire des autorisations et sur la question du statut juridique du territoire desservi par ces vols. Les intervenants ont souligné qu’ils suivront deux voies : une saisine des tribunaux nationaux espagnols, et, si nécessaire, une saisine des instances européennes compétentes.
Arguments juridiques avancés par le Polisario
Le cœur de la contestation repose sur le statut du Sahara occidental. Le Polisario rappelle que la souveraineté du territoire est disputée et soutient que les accords bilatéraux ou sectoriels entre l’Union européenne et le Maroc ne couvrent pas les liaisons aériennes reliant un État membre à ce territoire. À l’appui de cette position, les responsables ont évoqué une réponse de la Commission européenne en janvier 2025 selon laquelle certains accords ne s’appliquent pas au Sahara occidental. Sur cette base juridique, le Polisario estime que les autorisations espagnoles sont irrégulières lorsqu’elles concernent des vols vers Dakhla.
État actuel des vols et calendrier commercial
Malgré la contestation, Ryanair continue de commercialiser des liaisons vers Dakhla. La compagnie affiche des vols sur l’axe Madrid–Dakhla, avec un départ programmé pour le mardi 27 octobre 2026 et une mise en vente de billets pour la saison hivernale 2026–2027 (novembre, décembre, janvier). Une liaison antérieure entre Lanzarote et Dakhla avait été abandonnée en 2025 et ne figure plus dans les programmes. Les représentants du Polisario ont indiqué que la commercialisation en cours motive leur action : ils cherchent non seulement à faire cesser la publicité et la vente de ces vols, mais aussi à empêcher l’exploitation opérationnelle de trajets qu’ils jugent juridiquement contestables.
Enjeux politiques et diplomatiques
La procédure imminente a une dimension politique évidente. Le Maroc considère Dakhla comme partie intégrante de ses provinces du Sud et défend la souveraineté marocaine sur le territoire, tout en promoteant un projet d’autonomie sous sa souveraineté. De son côté, le Polisario revendique l’indépendance du Sahara occidental. La décision d’attaquer les autorisations espagnoles place Madrid au cœur d’un bras de fer juridique et politique qui pourrait compliquer les relations entre l’Espagne, le Maroc et les institutions européennes. Selon les avocats du Polisario, l’issue de cette procédure pourrait établir des précédents pour d’autres opérations commerciales et publicitaires impliquant des territoires contestés.
Impacts potentiels pour les passagers et le secteur aérien
Sur le plan pratique, une décision judiciaire ordonnant le retrait d’autorisations pourrait conduire à des annulations de vols, des remboursements et des perturbations pour des passagers ayant déjà réservé. Les compagnies aériennes et agences de voyage surveilleront de près l’évolution de la procédure, qui pourrait aussi entraîner une révision des politiques commerciales concernant les destinations en zone de statut contesté. Par ailleurs, une intervention des autorités espagnoles ou européennes pour clarifier l’application des accords aéronautiques risquerait d’affecter la programmation des compagnies pour la saison hivernale.
L’issue du recours engagé à Madrid dépendra du calendrier judiciaire et des éventuelles contestations devant les juridictions européennes ; en attendant, Ryanair maintient la vente de billets et les vols programmés, tandis que le dossier légal et politique évolue et que les autorités espagnoles sont appelées à trancher sur la validité des autorisations délivrées.