Hausse des prix des engrais et du carburant menace la sécurité alimentaire africaine
Crise du détroit d’Ormuz : l’Afrique confrontée à une flambée des prix du carburant et des engrais
Crise du détroit d’Ormuz: hausse des prix du carburant et des engrais menace l’Afrique; CNUCED et ministres alertent sur la sécurité alimentaire à court terme.
La perturbation des trafics maritimes liée aux tensions militaires autour du détroit d’Ormuz a des répercussions immédiates et potentielles sur les économies africaines, avec une hausse notable des prix du carburant et des engrais susceptible d’alimenter une augmentation des prix alimentaires et d’affecter les récoltes de 2027. Lors du Forum mondial de l’investissement de la CNUCED tenu à Doha les 25 et 26 octobre 2026, responsables internationaux et ministres africains ont dressé un constat convergent : les chocs énergétiques actuels pèsent déjà sur les budgets nationaux et sur la chaîne d’approvisionnement agricole, aggravant la vulnérabilité de pays à forte dépendance agricole.
Hausse des engrais menace les récoltes 2027
Les prix des engrais ont enregistré une hausse spectaculaire ces dernières semaines, poussant plusieurs États à réduire leur utilisation. Les responsables de la CNUCED ont mis en garde que cette réduction d’apport engrais pourrait se traduire par des rendements plus faibles dès la campagne agricole 2027, avec des effets en chaîne sur la disponibilité des produits alimentaires et leurs prix au détail. Pour de nombreux petits producteurs, réduire les intrants agricoles revient à réduire les rendements, ce qui expose davantage de ménages ruraux au risque d’insécurité alimentaire.
Impact sur le coût des carburants et la logistique
La fermeture partielle ou l’insécurité autour du détroit d’Ormuz a fait remonter les prix internationaux du pétrole et du gaz, ce qui se répercute immédiatement sur le marché des carburants en Afrique. Plusieurs pays ont signalé des augmentations à la pompe et une inflation des coûts de transport. Cette hausse énergétique pèse aussi sur le fret, les coûts logistiques et la disponibilité des pièces et intrants importés, prolongeant ainsi les perturbations au-delà de l’effet direct sur les carburants.
Cas du Zimbabwe et de l’Ouganda illustrent la fragilité
Au Zimbabwe, où plus de 70 % de la population dépend de l’agriculture, les ministres ont exprimé leur inquiétude face à la conjonction d’engrais plus chers et d’un marché de l’énergie en tension. Le pays voit dans l’attraction d’investissements étrangers une voie pour atténuer ces chocs, en particulier dans les secteurs minier et touristique susceptibles de générer devises. En Ouganda, l’augmentation du prix du carburant — plus que doublé dans certaines périodes récentes — a été citée comme un facteur de pression sur la monnaie nationale et sur le coût des intrants agricoles. Les deux exemples montrent comment la combinaison de chocs externes et de fragilités internes peut amplifier les conséquences économiques.
Réactions institutionnelles et appels à une résolution rapide
Les responsables internationaux ont appelé à une résolution rapide des tensions affectant la voie maritime. Ils soulignent que la sécurité du passage et la stabilité des prix énergétiques sont essentielles pour limiter des effets prolongés sur les économies importatrices d’énergie et d’intrants agricoles. Les gouvernements africains ont été invités à préparer des mesures d’atténuation, notamment des dispositifs de soutien ciblés pour les agriculteurs, des lignes de crédit pour les intrants essentiels et une surveillance accrue des marchés alimentaires pour prévenir les flambées de prix.
Mesures nationales pour renforcer la résilience économique
Plusieurs ministres ont mis l’accent sur la nécessité d’investir dans des infrastructures durables et dans la transformation locale des matières premières. L’amélioration de la connectivité énergétique, de l’accès à une électricité fiable et de la connectivité numérique figurent parmi les priorités citées pour réduire la vulnérabilité aux chocs externes. La diversification des partenariats commerciaux et l’attraction d’investissements respectant les normes locales ont été présentées comme des leviers pour assurer des rentrées de devises et soutenir la modernisation des chaînes de valeur agricoles.
L’ensemble des interventions au Forum mondial de l’investissement a souligné une tension claire entre la nécessité de sécuriser les approvisionnements à court terme et l’urgence de politiques structurelles à plus long terme. Les ministres africains et les responsables de la CNUCED ont insisté sur la conjugaison d’actions immédiates de soutien aux marchés et d’investissements stratégiques afin d’éviter que la hausse actuelle des coûts énergétiques et des intrants ne se transforme en crise alimentaire durable.