Fatima Ezzahra El Mansouri impose Madame la cheffe du gouvernement au Parlement
Fatima Ezzahra El Mansouri rectifie un député et marque les esprits au Parlement marocain
Le 22 octobre 2026, Fatima Ezzahra El Mansouri a corrigé un député dans l’hémicycle, exigeant qu’on l’appelle “Madame la cheffe du gouvernement”, une réplique qui relance le débat sur le genre et le pouvoir au Maroc.
Fatima Ezzahra El Mansouri a pris la parole devant la Chambre des représentants le 22 octobre 2026 et transformé un échange formel en une déclaration politique lourde de sens. Interpellée à plusieurs reprises par un député qui s’adressait à elle en employant une titulature masculine, la cheffe du gouvernement a répliqué avec fermeté : « C’est la deuxième fois que vous m’appelez Monsieur le chef du gouvernement. Je suis Madame la cheffe du gouvernement, et vous allez vous y habituer. » Cette intervention, accueillie par des applaudissements à l’hémicycle, dépasse la simple correction protocolaire et s’inscrit dans un contexte politique et social plus large.
Intervention marquante au Parlement
La scène s’est déroulée en séance publique, lors d’un échange avec des députés aujourd’hui dans l’opposition. La réaction d’El Mansouri, à la fois courte et percutante, a eu pour effet immédiat de recentrer le débat sur la reconnaissance officielle de sa fonction et de son genre. Au-delà de la correction de vocabulaire, son propos a mis en lumière la visibilité nouvelle d’une femme exerçant les plus hautes responsabilités exécutives au Maroc.
La phrase qui relance le débat
Lors de cet échange, la Première ministre a repris une ancienne formule prononcée par un responsable politique en 2014, en la renvoyant à l’auteur pour la déconstruire publiquement : « Je ne suis pas un lustre. Je suis un cerveau, une conscience, des convictions et un combat. » Cette formulation a été utilisée pour dénoncer les attitudes ambivalentes qui permettent aux familles de soutenir l’éducation et la carrière de leurs filles tout en prônant un modèle féminin cantonné au foyer pour d’autres. La référence a donné à l’intervention une portée symbolique, touchant aux stéréotypes liés au rôle des femmes dans la société.
Contexte politique et trajectoire personnelle
Nommée le 29 septembre 2026 à la tête du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri est devenue la première femme à occuper ce poste au Maroc. Ancienne avocate et première femme élue maire de Marrakech en 2009, elle arrive à la primature après une victoire électorale de son parti, qui a obtenu une majorité significative de sièges. Sa désignation et son style d’affirmation publique modifient les équilibres politiques domestiques et imposent une nouvelle donne protocolaire et symbolique.
Dimension sociale de l’affrontement
L’intervention n’était pas uniquement une remise au point protocolaire : El Mansouri a articulé un propos à dimension sociale, évoquant les veuves, les femmes divorcées et celles contraintes d’assurer seules la subsistance de leurs enfants. En inscrivant son propos dans ces réalités, elle a élargi la portée de l’échange parlementaire : il ne s’agit plus seulement d’une marque de respect formelle, mais d’une question d’égalité réelle et de reconnaissance des contributions économiques et civiques des femmes.
Réactions et portée médiatique
L’incident a rapidement été relayé au-delà des murs du Parlement et alimenté des discussions publiques nationales et internationales. Les images et les comptes rendus de l’échange ont été largement commentés, provoquant des réactions contrastées parmi les acteurs politiques, les observateurs et l’opinion publique. Certains saluent l’affirmation d’autorité d’une cheffe d’État gouvernementale ; d’autres estiment que l’incident révèle des fractures persistantes sur la question du genre dans les pratiques politiques.
Implications pour la vie politique marocaine
Cette séquence pourrait peser sur la façon dont les débats parlementaires sont conduits à l’avenir, en imposant une vigilance accrue sur la manière d’adresser les responsables publics. Elle renforce également la visibilité des enjeux liés à la représentation des femmes et à la langue politique. Sur le plan partisan, l’événement intervient alors que des forces politiques récemment reléguées dans l’opposition cherchent à redéfinir leur posture ; la fermeté affichée par la cheffe du gouvernement pourrait contribuer à redessiner les rapports de force au sein de l’Assemblée.
La brève mais déterminée intervention de Fatima Ezzahra El Mansouri illustre la conjonction entre symbolique politique et préoccupations sociales concrètes. En exigeant la reconnaissance explicite de sa fonction et en dénonçant des représentations discriminantes, elle a transformé un moment protocolaire en un acte politique porteur d’enjeux plus larges pour la société marocaine.