Pollution des eaux de baignade au Maroc : un appel urgent à l’action à Tanger
Des eaux de baignade marocaines en crise au nord du pays
Une étude révèle que la pollution des plages nord-marocaines demeure préoccupante, impactant la qualité des eaux de baignade.
Situation alarmante des plages côtières
L’année dernière, les statistiques générales des eaux de baignade au Maroc ont affiché des résultats encourageants. Cependant, un constat inquiétant se dessine au nord du pays, notamment dans les zones côtières de Tanger, M’diq, Fnideq et Tétouan. Ces régions ne répondent toujours pas aux normes sanitaires préconisées, soulevant des inquiétudes quant à la santé publique.
Sources majeures de pollution identifiées
Les nouvelles données indiquent que plus de 80 % de cette pollution provient de sources terrestres. Parmi elles, les déchets plastiques constituent une part alarmante, représentant 86 % du volume total de pollution. Cette situation est aggravée par le rejet continu des eaux usées, un problème accentué par la forte pression démographique et industrielle exerçant sur cette région du Maroc.
Réactions des autorités locales
Le président de l’Observatoire de la protection de l’environnement et des monuments historiques de Tanger a exprimé des préoccupations croissantes face à cette situation persistante qui se reproduit chaque été. Selon ses déclarations, relayées par Hespress, il dénonce la lenteur des projets d’assainissement et l’inefficacité des contrôles en place. Il appelle à des sanctions strictes contre les déversements illégaux, avertissant que sans mesures radicales, la situation ne fera que se reproduire année après année.
Défis structurels complexes
Les causes de cette dégradation des côtes sont profondément ancrées dans des problèmes structurels. Un expert souligne l’expansion rapide de zones résidentielles précaires qui ne bénéficient pas de raccordement aux réseaux d’assainissement. Les eaux usées issues de ces quartiers se déversent directement dans les oueds, finissant leur course dans l’océan. De plus, les infrastructures sanitaires actuelles sont largement insuffisantes. La station de Bouknadel, la plus grande de la région, ne parvient à traiter que 160 000 mètres cubes d’eaux usées par jour, envoyant ensuite ces effluents dans l’océan où les courants marins les réacheminent vers la côte.
Possibilités d’amélioration existantes
Pour remédier à ces dysfonctionnements, des alternatives viables se présentent, notamment à travers la station de Boukhalef, qui utilise un autre système de traitement des eaux. Cependant, son potentiel de réutilisation n’est pas encore pleinement exploité, et une partie des eaux traitées se perd encore en mer. Les spécialistes préconisent d’insister sur l’utilisation de cette eau recyclée, notamment dans les chantiers ou les industries tels que la chimie et l’automobile, fortement consommatrices en eau.
Urgence d’une réforme législative
En outre, il est conseillé de réviser le cadre juridique entourant l’utilisation des eaux traitées afin de faciliter leur intégration dans des usages agricoles. L’idée d’adopter un traitement de niveau quaternaire, assurant une sécurité totale, est également mise en avant comme une solution indispensable.
Vers une gestion durable des eaux usées
La crise des eaux de baignade au Maroc, et plus particulièrement dans le nord, nécessite une approche systémique pour assurer une gestion efficace et durable. La combinaison d’un contrôle rigoureux des déversements, l’amélioration des infrastructures et la sensibilisation de la population sont des éléments clés pour la protection des écosystèmes marins et la santé publique.