pourquoi le prix des dattes s’envole sur les étals au Maroc
Cette soudaine explosion s’explique par une « perturbation administrative » au niveau des douanes, suite à une nouvelle décision des autorités visant à mieux réguler les importations. Depuis le 24 décembre, l’obtention d’une Licence d’importation est devenue obligatoire, une mesure destinée à protéger la production des oasis nationales, particulièrement abondante cette année.
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L’objectif de cette nouvelle barrière administrative est double : éviter d’inonder le marché de produits étrangers qui pourraient nuire aux agriculteurs locaux et préserver les réserves de devises du pays. Le président de la Fédération Marocaine de Valorisation des Dattes explique à Hespress que cette régulation permet d’ajuster les intrants aux besoins réels, évitant ainsi le gaspillage des années passées. Même si ce changement a temporairement bloqué les cargaisons au port, la situation devrait se normaliser cette semaine avec l’arrivée de stocks en provenance de Tunisie et d’Egypte.
Malgré les inquiétudes, les professionnels se veulent rassurants sur la disponibilité des produits. Un recensement complet montre que les stocks actuels, stockés dans des chambres froides, couvrent le double des besoins estimés pour le mois de Ramadan. Il n’y a donc aucun risque de pénurie. Côté prix, si les responsables parlent d’une légère hausse de l’ordre de 1 dirham le kilo, certains distributeurs constatent des hausses plus marquées sur le terrain, les cartons de dattes importées passant de 100 à 125 dirhams.
Au-delà des prix, une vigilance est de mise sur la qualité et l’origine des fruits. Les professionnels mettent en garde contre les pratiques frauduleuses. Les dattes importées, parfois d’Egypte, sont reconditionnées pour être vendues comme produits marocains. De même, les anciens stocks de la récolte 2024 sont parfois vendus en frais.
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Enfin, si la production nationale est au rendez-vous cette année, certains experts pointent encore des faiblesses structurelles en matière de stockage et de conditionnement local, ce qui explique que le marché reste très dépendant des importations pour garantir un approvisionnement régulier et de qualité. A l’approche du mois sacré, l’équilibre entre la protection du producteur marocain et le pouvoir d’achat du citoyen reste le principal défi pour les autorités.