Prix Goldman pour l’Environnement 2026 : première cohorte entièrement féminine de lauréates
Goldman Environmental Prize 2026 : six militantes récompensées, première cohorte entièrement féminine
Pour la première fois, le Prix Goldman 2026 récompense six militantes du monde entier pour leurs victoires contre les fossiles, mines et pour la biodiversité.
La Fondation Goldman a attribué l’édition 2026 de son prix environnemental à six militantes issues des six régions couvertes par la distinction, marquant une première historique : tous les lauréats sont des femmes. Chacune recevra une dotation de 200 000 dollars pour soutenir son travail de terrain et ses actions juridiques ou communautaires. Les lauréates viennent de Colombie, du Nigeria, de Papouasie‑Nouvelle‑Guinée, de Corée du Sud, du Royaume‑Uni et des États‑Unis, et leurs campagnes portent sur l’arrêt de projets extractifs, la protection d’espèces menacées et la reconnaissance des droits climatiques des jeunes générations.
Une première historique pour le prix
La remise du prix en 2026 constitue une rupture symbolique et pratique : depuis la création de la distinction en 1989, jamais la totalité des récipiendaires n’avait été féminine. Le fait que ces militantes proviennent de contextes géographiques et politiques très différents met en lumière la diversité des stratégies de défense de l’environnement — mobilisation locale, recours juridiques, alliances tribales et campagnes de sensibilisation nationales — mais aussi un socle commun de résistance face aux industries extractives.
Lauréates et territoires concernés
Les six lauréates couvrent les six régions traditionnelles du prix. Yuvelis Morales Blanco, de Colombie, est reconnue pour sa campagne contre l’introduction de la fracturation hydraulique commerciale dans son pays et pour son activisme après une marée noire majeure en 2018 qui a gravement affecté sa communauté de pêcheurs le long de la rivière Magdalena. Iroro Tanshi, du Nigeria, est distinguée pour la protection d’un habitat crucial et la redécouverte d’une chauve‑souris en voie de disparition, puis pour ses efforts de prévention des incendies de forêt autour de la réserve de la montagne Afi. Theonila Roka Matbob a obtenu des engagements de réparation de la part d’une grande société minière concernant les dégâts causés par la mine de Panguna en Papouasie‑Nouvelle‑Guinée. Borim Kim, en Corée du Sud, a mené une action judiciaire historique portée par des jeunes, aboutissant à une décision judiciaire sur la conformité de la politique climatique aux droits des générations futures. Sarah Finch, pour l’Europe, s’est opposée aux forages pétroliers en Angleterre et a contribué à une jurisprudence obligeant les autorités à considérer les impacts climatiques avant d’autoriser l’extraction. Enfin, Alannah Acaq Hurley, de la nation Yup’ik aux États‑Unis, a participé à une coalition tribale qui a stoppé un projet minier menaçant des écosystèmes de la baie de Bristol et des populations de saumon sauvage.
Victoire politique et conséquence sur la fracturation en Colombie
Le dossier colombien illustre la combinaison de mobilisation communautaire et de pression politique : après la marée noire de 2018, des actions locales et des manifestations ont contribué à rendre la fracturation hydraulique un enjeu électoral majeur. La lauréate colombienne a mené campagnes et plaintes publiques qui ont entraîné l’arrêt de projets envisagés et placé la question au cœur des débats nationaux sur les hydrocarbures. Ce succès local est présenté comme un modèle de défense environnementale portée par des jeunes et des communautés autochtones et afro‑colombiennes.
Recours juridiques et décisions judiciaires marquantes
Plusieurs lauréates ont obtenu des victoires par la voie judiciaire. En Corée du Sud, l’action engagée par des jeunes militants a conduit la Cour constitutionnelle à examiner la politique climatique sous l’angle des droits des générations futures, une première sur le continent asiatique selon les décisions rendues. Au Royaume‑Uni, une jurisprudence connue pour contraindre les autorités à évaluer l’impact climatique avant d’accorder des permis d’extraction a renforcé le contrôle public sur les projets pétroliers et gaziers. Ces arrêts montrent l’efficacité croissante des stratégies judiciaires pour transformer les obligations des pouvoirs publics en matière climatique.
Effets sur l’industrie minière et les droits des communautés
Les campagnes contre des projets miniers ont abouti à des réparations et à des blocages d’exploitation par des compagnies majeures. En Papouasie‑Nouvelle‑Guinée, la pression exercée sur l’opérateur de la mine de Panguna a forcé la société à accepter des engagements de remédiation environnementale et sociale, des décennies après la fermeture du site. Aux États‑Unis, la mobilisation conjointe de nations tribales a mis un projet minier transnational en échec, protégeant des habitats vitaux pour la pêche et la biodiversité. Ces succès illustrent l’importance des alliances entre acteurs locaux, organisations de défense de l’environnement et recours juridiques.
La récompense de 2026 met en lumière des stratégies variées — plaidoyer communautaire, evidence‑based litigation, actions directes et alliances transnationales — qui, combinées, permettent d’infléchir des projets industriels lourds et de donner un poids nouveau à la défense des écosystèmes et des droits humains. Ces six lauréates, en recevant le même prix et la même dotation, ouvrent aussi des perspectives pour financer la prochaine génération d’initiatives locales face aux crises climatiques et écologiques.