Rabat accueille le Secrétariat et la présidence du Réseau africain des parlements ouverts
Le Maroc accueille à Rabat le Secrétariat du Réseau africain des parlements ouverts
Rabat accueillera le Secrétariat du Réseau africain des parlements ouverts. Objectifs : transparence, numérisation, engagement citoyen et partage d’expertise.
Le lancement officiel du Réseau africain des parlements ouverts a été annoncé mercredi au siège de la Chambre des représentants à Rabat. Le choix de la capitale marocaine comme siège du Secrétariat permanent et la présidence assurée par la Chambre des Représentants marquent le début d’un cadre institutionnel destiné à favoriser l’échange d’expériences entre parlements africains engagés dans l’Initiative Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO) et ceux candidats à y adhérer.
Création du Réseau africain des parlements ouverts
L’initiative formalise un espace de coopération régionale visant à renforcer l’ouverture des institutions législatives et à promouvoir la participation citoyenne. La déclaration constitutive, dont la lecture a été confiée au vice-président de la Chambre des Représentants Mohamed Ghayat, rappelle la nécessité de consolider les pratiques démocratiques par l’ouverture, la transparence et la reddition des comptes. Le Réseau est présenté comme une réponse collective à l’exigence d’une plus grande proximité entre parlements et sociétés civiles sur le continent.
Rabat retenue pour le Secrétariat permanent
Rabat a été désignée pour abriter le Secrétariat permanent du Réseau, tandis que la Chambre des Représentants assumera la présidence inaugurale. Cette décision vise à offrir un point de coordination stable pour les initiatives communes, la capitalisation des bonnes pratiques et l’organisation d’activités de formation et d’échanges. Le siège permanent doit faciliter la planification de programmes régionaux et la mise en réseau des expertises parlementaires africaines.
Parlements participants et portée régionale
La conférence parlementaire qui a précédé l’annonce a rassemblé plusieurs parlements africains impliqués dans l’Initiative PGO ou désireux d’y adhérer, notamment le Parlement du Maroc, l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, le Parlement du Ghana, l’Assemblée nationale du Bénin et l’Assemblée nationale du Sénégal. L’événement a également réuni des représentants internationaux et des partenaires techniques, soulignant la dimension régionale et multisectorielle du projet. Les fondateurs ont rappelé des textes antérieurs, dont la Déclaration de Marrakech du 2 novembre 2022 et la Déclaration d’Abidjan du 26 juin 2025, qui ont préparé le terrain pour la création d’un mécanisme panafricain.
Missions axées sur transparence inclusion et mémoire parlementaire
Le Réseau se fixe des objectifs concrets : favoriser le partage d’expertises et de pratiques en matière d’ouverture parlementaire, promouvoir l’implication de la société civile, renforcer les mécanismes de publication et de documentation, et préserver la mémoire parlementaire africaine. Il entend aussi encourager l’intégration des jeunes et des femmes dans la vie parlementaire, en faisant de la transparence et de la participation des leviers pour une meilleure gouvernance. Les fondateurs insistent sur l’importance d’adapter ces approches aux contextes historiques, civilisationnels et culturels propres à chaque pays.
Numérisation et usage responsable de l’IA
La numérisation figure au cœur des priorités du Réseau. Les parlementaires présents ont souligné le potentiel des technologies numériques pour collecter, partager et rendre accessibles les informations législatives. L’utilisation de l’intelligence artificielle est envisagée comme un outil au service de la démocratisation de l’accès au droit et à l’information, à condition d’être encadrée de manière responsable et vigilante. L’un des objectifs est de garantir la lisibilité, la conformité juridique et la transparence des textes législatifs et réglementaires, afin de renforcer l’État de droit et d’accroître la confiance publique dans les institutions.
La création du Réseau répond à une préoccupation exprimée par les parlements africains face à des discours hostiles à l’action institutionnelle : il s’agit de développer des politiques et des mesures qui consolident la place des institutions parlementaires dans la vie publique, rapprochent les citoyens du fonctionnement des assemblées et favorisent une participation éclairée aux processus législatifs et de contrôle gouvernemental. En plaidant pour les intérêts du continent et en tenant compte des spécificités institutionnelles nationales, le Réseau ambitionne de traduire des principes internationaux d’ouverture en pratiques adaptées aux réalités africaines.
La mise en place du Secrétariat à Rabat ouvre désormais une phase opérationnelle centrée sur la concrétisation des engagements : élaboration de programmes d’échange, diffusion d’outils numériques, formation d’acteurs parlementaires et évaluation des plans nationaux d’adhésion au Partenariat pour un Gouvernement Ouvert. Ces travaux viseront à ancrer durablement l’ouverture parlementaire comme composante essentielle de la gouvernance démocratique en Afrique.