Récolte record, mais personne à qui choisir
Le bond de 111% de la production nationale cette saison aurait dû marquer un retour à la normale après deux années de sécheresse et de prix record. Cependant, sur le terrain, les agriculteurs peinent à mobiliser les travailleurs journaliers nécessaires pour cueillir les fruits à temps. Dans des régions comme Taounate, le salaire journalier est passé de 150 dirhams à près de 400 dirhams dans certains cas, sans compter les frais de logement et de restauration. Cette pression sur la main d’œuvre est accentuée par un calendrier de récolte raccourci par la météo hivernale et par la concurrence d’autres secteurs, notamment les grands projets d’infrastructures liés à la CAN 2025 et à la Coupe du monde 2030, qui captent une part importante des travailleurs ruraux.
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L’impact financier pour les producteurs est direct et inquiétant. Alors que les olives se négocient entre 4 et 6 dirhams le kilo, le coût de la collecte peut représenter jusqu’à 50% du chiffre d’affaires de l’agriculteur. Dans certaines régions, la pratique de la « moitié » de la récolte, où le travailleur conserve la moitié de la production en guise de rémunération, se généralise faute d’alternatives. Cette situation érode l’avantage compétitif historique du Maroc, fondé sur une main d’œuvre accessible, et rapproche le modèle agricole national des enjeux européens où le coût de la main d’œuvre impose une mécanisation accélérée.
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Pour l’interprofession, représentée par Rachid Benali, citée par Le matinle problème est structurel et dépasse la simple situation climatique. L’exode rural massif vers les villes, stimulé par les projets nationaux de construction, a durablement modifié le marché du travail agricole. Si les olives ne sont pas récoltées dans les fenêtres de tournage optimales, une partie de la production risque de se dégrader sur l’arbre, ce qui pourrait limiter la baisse des prix espérée par les consommateurs à moyen terme. Des discussions sont en cours avec l’emploi pour tenter de structurer ce marché, mais le secteur doit désormais apprendre à produire davantage avec des ressources humaines de plus en plus rares et coûteuses.