Record des prix du charbon de bois avant l’Aïd El Kébir au Maroc
Hausse record du charbon de bois : le kilo grimpe à 20–25 DH à la veille de l’Aïd, tensions sur les marchés
Hausse record du charbon de bois à la veille de l’Aïd : le kilo atteint 20–25 DH, alourdissant le budget des ménages et bouchers. Causes et solutions urgentes.
La demande saisonnière liée aux préparatifs de l’Aïd El Kébir et des tensions d’approvisionnement ont propulsé le prix du charbon de bois à un niveau inédit : le prix moyen est passé d’environ 7 DH le kilo à des tarifs oscillant entre 20 et 25 DH dans plusieurs localités, soit plus que le triple du niveau observé avant la flambée. Cette augmentation intervient à la veille de l’Aïd El Kébir (14 mai 2026) et suscite des inquiétudes pour les ménages, les bouchers et les commerçants qui préparent les barbecues et les rituels traditionnels.
Données chiffrées de la flambée
En l’espace de quelques jours, les vendeurs ont relevé des sauts de prix brutaux : le kilo, vendu classiquement autour de 7 DH, s’échange aujourd’hui majoritairement entre 20 et 25 DH selon les quartiers et la qualité du produit. Les revendeurs font état d’écarts plus importants dans les zones périphériques où les coûts de transport et l’accès à la matière première aggravent la hausse. Le phénomène touche à la fois le charbon vendu au détail et les commandes destinées aux bouchers et traiteurs pour les cérémonies de l’Aïd.
Facteurs structurels et conjoncturels
Plusieurs éléments expliquent cette envolée. D’une part, la demande saisonnière augmente fortement à l’approche de l’Aïd, intensifiant les achats domestiques et professionnels. D’autre part, des difficultés d’approvisionnement — récolte réduite, restrictions sur la coupe de bois, coût du transport ou logistique perturbée — ont réduit l’offre disponible. Les variations du marché international des matières premières et les spéculations locales sur la disponibilité du produit peuvent aussi accentuer les fluctuations de prix. Enfin, des pratiques de revente à prix majoré dans certains circuits informels contribuent à la montée des tarifs pour le consommateur final.
Conséquences pour les ménages et les professionnels
L’impact se fait sentir immédiatement sur le budget des foyers qui prévoient de préparer des repas communautaires ou familiaux. Pour un foyer moyen, l’augmentation du prix du charbon de bois représente une charge supplémentaire non négligeable dans une période où d’autres dépenses liées à l’Aïd augmentent également. Les bouchers et petits détaillants, qui utilisent des quantités importantes pour griller ou rôtir la viande, voient leurs coûts d’exploitation s’alourdir ; certains annoncent des hausses de prix à la vente ou des réductions de volume pour limiter les pertes.
Réactions des commerçants et marchés
Les revendeurs rapportent une hausse des acheteurs de dernière minute et une montée des achats en gros par des intermédiaires, ce qui réduit l’offre disponible pour les consommateurs individuels. Dans plusieurs marchés, les commerçants ont mis en place des mesures temporaires : plafonnement des quantités vendues par client, arrangements de livraison différée ou offres groupées pour lisser les coûts. Les acteurs du secteur organisent aussi des approvisionnements alternatifs pour faire face à la pénurie ponctuelle.
Alternatives disponibles et conseils pratiques
Face aux prix élevés, certaines familles et établissements se tournent vers des solutions alternatives : gaz butane ou propane pour la cuisson, briquettes compressées, bois sec local ou grillades collectives partagées entre voisins. Les conseils pratiques pour limiter l’impact financier incluent la planification des achats à l’avance, la constitution d’achats groupés pour diminuer le prix unitaire, la vérification de la qualité du charbon (meilleure combustion, moins de perte) et l’utilisation d’équipements plus efficaces pour réduire la consommation. Les commerçants recommandent également de privilégier des circuits de distribution réputés pour éviter les surcoûts liés à l’informel.
Voies d’action et mesures possibles à court terme
Plusieurs pistes peuvent être explorées pour atténuer la crise à court terme : faciliter l’importation ou la redistribution de stocks régionaux, promouvoir des points de vente encadrés pour limiter les marges excessives, ou encourager des campagnes d’information sur les alternatives et bonnes pratiques de cuisson. À moyen terme, une amélioration de la filière — gestion durable des ressources forestières, production locale de combustibles alternatifs et renforcement des circuits de commercialisation — contribuerait à stabiliser les prix et sécuriser l’approvisionnement lors des pics saisonniers.
Cette flambée record du charbon de bois met en lumière la vulnérabilité des circuits d’approvisionnement face à une demande concentrée et rappelle la nécessité d’actions concertées entre acteurs économiques, autorités locales et consommateurs pour garantir l’accès à un combustible essentiel lors des grandes occasions.