Réforme des campagnes législatives : nouvelle prime de représentativité au Maroc en 2026
Le gouvernement marocain réforme le financement des campagnes législatives
Une nouvelle prime de représentativité incite les partis à favoriser la diversité dans leurs listes électorales.
Le 2 avril 2026, l’exécutif marocain a approuvé deux décrets significatifs visant à réformer la contribution de l’État aux campagnes législatives. Cette initiative marque un tournant dans le système électoral du pays, avec un accent particulier sur l’inclusion de certaines catégories de la population dans le processus politique. La mesure phare consiste en l’introduction d’une prime de représentativité qui multiplierait par six la valeur d’un siège remporté par un Marocain résidant à l’étranger (MRE), un jeune de moins de 35 ans ou une personne handicapée.
Inclusion des jeunes et des MRE
Le gouvernement espère que cette nouvelle règle encouragera les partis politiques à placer ces candidats issus de la diversité, en particulier ceux de la diaspora, en tête de liste. L’objectif est clair : renforcer la présence de ces groupes pourtant souvent sous-représentés au sein du Parlement. Cette réforme s’inscrit dans une volonté plus large de dynamiser la participation citoyenne et d’élargir la base électorale.
Augmentation du financement des partis
La récente réforme augmente également le montant forfaitaire versé à chaque parti participant aux élections, passant de 750 000 à un million de dirhams. Ce soutien financier vise à donner aux partis plus de moyens pour élaborer leurs campagnes et présenter des projets qui répondent aux attentes des électeurs.
Encadrement des dépenses de campagne
Un autre aspect important de cette réforme est l’introduction d’un plafond de 5 millions de dirhams pour les dépenses numériques, qui comprennent la publicité sur les réseaux sociaux et l’utilisation de l’intelligence artificielle. Cette mesure vise à encadrer les ressources utilisées lors des campagnes électorales tout en modernisant les stratégies de communication des candidats.
Une traçabilité bancaire renforcée
Une réglementation stricte a également été mise en place concernant la traçabilité bancaire des dépenses de campagne. L’utilisation d’espèces est désormais interdite, ce qui doit permettre d’accroître la transparence financière au sein des partis. Pour parvenir à cet objectif, les partis peuvent bénéficier d’une avance plafonnée à 30 % de leur soutien annuel habituel, avec une obligation de rembourser le Trésor en cas de trop-perçu par rapport aux résultats finaux.
Soutien aux femmes candidates
Le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, a souligné que ces nouvelles mesures bénéficieront également aux femmes candidates qui n’appartiennent pas aux catégories de MRE, de jeunes ou de personnes handicapées, lorsqu’elles se présenteront dans les circonscriptions locales. Cette initiative vise à renforcer la représentation féminine au sein des instances décisionnelles.
Vers une plus grande équité électorale
Ces diverses mesures ont pour but de garantir une plus grande équité et transparence lors des élections. En modernisant les outils de communication et en introduisant des mécanismes de financement plus justes, l’exécutif entend favoriser un climat politique plus inclusif et représentatif des différentes couches de la société marocaine.
Le Maroc se prépare ainsi à des élections législatives qui pourraient marquer un tournant dans sa pratique démocratique, avec l’espoir que ces réformes encouragent une plus grande participation des citoyens et renforcent la légitimité des institutions.