Secteur des assurances au Maroc : résilience en 2025, solvabilité renforcée à 409,4%
Le CCSRS confirme la résilience du système financier et la solide performance des assurances en 2025
Le Comité relève la résilience du système financier, la croissance du secteur des assurances en 2025 et appelle à une réforme des retraites tout en renforçant le partage de données entre autorités.
Le Comité de Coordination et de Surveillance des Risques Systémiques (CCSRS), réuni à Rabat au siège de Bank Al-Maghrib, a conclu que le système financier marocain a montré une capacité de résistance aux scénarios macroéconomiques et techniques défavorables pour l’année 2025. Les principaux indicateurs du secteur des assurances et des régimes de retraite ont été passés en revue, mettant en exergue des performances financières robustes mais aussi des défis structurels persistants nécessitant des réformes.
Résilience et résultats sectoriels en 2025
Les exercices de stress tests effectués par le Comité ont fait apparaître une résistance générale du secteur des assurances face à des chocs économiques. En 2025, le chiffre d’affaires du secteur a atteint 63,2 milliards de dirhams, en hausse de 7,5% par rapport à l’année précédente. Cette progression a été portée simultanément par la branche vie, qui a progressé de 8,4%, et par la branche non-vie, qui a enregistré une hausse de 6,6%. L’activité épargne a particulièrement soutenu la dynamique de la branche vie, la collecte d’épargne augmentant de 8,9%.
Amélioration de la rentabilité et des plus-values latentes
La profitabilité du secteur s’est renforcée : le résultat net consolidé a atteint 5,3 milliards de dirhams, soit une hausse de 21,4%. Cette amélioration a directement contribué à porter le rendement des fonds propres (ROE) à 11,1%, niveau le plus élevé observé au cours des dix dernières années. Parallèlement, les plus-values latentes se sont accrues fortement, pour s’établir à 62,5 milliards de dirhams, représentant 23,8% des placements. La progression des valorisations boursières, soutenue par deux années consécutives de hausse de l’indice MASI, explique en grande partie ce gonflement des gains non réalisés.
Renforcement des marges prudentielles et ratio de solvabilité
L’ensemble de ces évolutions a permis de consolider la marge de solvabilité du secteur des assurances. Le ratio réglementaire de solvabilité a progressé de 54,7 points pour atteindre 409,4%, reflétant un renforcement des éléments constitutifs de la solvabilité et des coussins prudentiels. Ce niveau élevé offre une marge de sécurité face aux risques de marché et techniques, tout en soulignant la capacité des assureurs à absorber des chocs modérés sans remettre en cause leur stabilité financière.
Situation des régimes de retraite et nécessité d’une réforme systémique
Malgré des améliorations ponctuelles liées à l’application de la deuxième et dernière tranche des augmentations salariales issues du dialogue social du 29 avril 2024, les régimes de retraite du secteur public continuent de présenter des déséquilibres structurels. Ces mesures salariales ont amélioré certains indicateurs financiers à court terme, mais elles n’ont pas résolu la question de la viabilité à long terme. Le Comité réaffirme la nécessité d’une réforme systémique du secteur des retraites reposant sur la création de deux pôles, public et privé, afin d’instaurer une tarification équilibrée, réduire les engagements non couverts et assurer la soutenabilité financière durable des régimes.
Feuille de route, cartographie des risques et coopération interinstitutionnelle
Le CCSRS a validé la treizième édition du Rapport sur la stabilité financière pour l’année 2025 et fait le point sur l’état d’avancement de la feuille de route 2026-2030. Les travaux ont inclus l’analyse détaillée de la cartographie des risques systémiques, la revue des conclusions du sous-comité mensuel et une évaluation de la situation du système financier au regard des tendances macroéconomiques et financières observées et attendues. Le Comité a noté la résilience du système soutenue par des fondamentaux solides et des marges prudentielles globalement confortables.
En marge de la réunion, les autorités ont également souligné les progrès effectués en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Elles ont mis en garde contre la nécessité de poursuivre et d’intensifier les efforts pour maintenir un haut niveau de conformité aux standards internationaux et pour se préparer au prochain cycle d’évaluations mutuelles du GAFIMOAN.
Bank Al-Maghrib, l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (ACAPS) ont signé une convention actualisée d’échange de données, modernisant l’accord initial conclu en 2014. Cette nouvelle entente vise à faciliter le partage d’informations nécessaires à la mission de préservation de la stabilité financière et à renforcer la coordination entre autorités de supervision.
Le bilan présenté par le CCSRS rappelle que, malgré des indicateurs macrofinanciers favorables et une amélioration notable des marges et de la profitabilité du secteur des assurances, des mesures structurelles restent indispensables pour garantir la pérennité des régimes de retraite et pour maintenir la résilience du système financier face à d’éventuels chocs futurs.