Soudan porte plainte à l’ONU contre l’Éthiopie après drones ayant fait 484 victimes civiles
Le Soudan porte plainte auprès de l’ONU après des attaques meurtrières de drones lancées depuis l’Éthiopie
Le Soudan saisit le Conseil de sécurité de l’ONU après des attaques de drones depuis l’Éthiopie, faisant des centaines de victimes et touchant infrastructure et services essentiels.
Le 2 novembre 2026, le Soudan a officiellement saisi le Conseil de sécurité des Nations Unies et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, dénonçant une série d’attaques de drones unidirectionnels lancées depuis le territoire éthiopien et visant des sites civils et des infrastructures énergétiques. Khartoum affirme que ces frappes, menées depuis février 2026, ont provoqué un lourd bilan humain et des perturbations majeures des services publics.
Plainte déposée auprès du Conseil de sécurité et de l’Union africaine
Le gouvernement soudanais a transmis une plainte formelle aux institutions internationales, qualifiant les opérations de drones d’« agression effrontée » contre des cibles civiles et des centrales électriques. La démarche vise à porter la question devant la communauté internationale et à obtenir des mesures pour empêcher de nouvelles attaques et protéger les populations affectées le long de la frontière éthiopienne.
Bilan des attaques et chiffres avancés par Khartoum
Un rapport du Conseil de souveraineté de transition soudanais recense 70 attaques entre le 15 février et le 27 octobre 2026, impliquant 187 drones d’attaque à sens unique. Le document indique que ces actions ont fait 484 civils tués ou blessés. Le même rapport fait état de 176 soldats soudanais tués et d’environ 200 blessés parmi les forces régulières. Le mois le plus récent couvert par le rapport mentionne 28 attaques menées par 97 drones.
Sites de lancement et exemples d’attaques meurtrières
Les autorités soudanaises identifient plusieurs zones en Éthiopie comme points de départ des engins: l’aéroport d’Asosa dans l’ouest éthiopien, la zone frontalière Kurmuk–Gizen et la base aérienne de Bahir Dar, dans la région d’Amhara. Parmi les incidents les plus dramatiques, une frappe du 9 octobre a touché un camp de familles déplacées à Wad el‑Mahi, dans la région du Nil Bleu, près de la frontière éthiopienne, faisant au moins 30 morts — principalement des femmes et des enfants — et environ 100 blessés selon le bilan communiqué par Khartoum.
Accusations croisées entre Khartoum et Addis‑Abeba
La plainte soudanaise s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes: l’armée soudanaise accuse régulièrement l’Éthiopie de faciliter les opérations du groupe paramilitaire des Forces de soutien rapide (RSF), que Khartoum combat depuis le déclenchement du conflit interne en avril 2023. Addis‑Abeba, pour sa part, accuse le gouvernement soudanais de soutenir des groupes rebelles liés au Front populaire de libération du Tigré, allégations rejetées par Khartoum. Ces accusations réciproques compliquent toute tentative de règlement régional et rendent plus difficile l’accès humanitaire dans les zones frontalières.
Réactions internationales et préoccupations pour le droit humanitaire
La montée des frappes par drones a suscité des réactions de rejet au niveau international, les organisations internationales exprimant leur inquiétude face aux conséquences pour les civils et qualifiant ces attaques de violations du droit international humanitaire. Les appels à l’arrêt des frappes se multiplient, tandis que les institutions internationales sont sollicitées pour enquêter sur l’origine des frappes et imposer des mesures de protection.
Conséquences sur les infrastructures et déplacements de population
Outre le bilan humain, les attaques ont visé des infrastructures énergétiques et des sites civils, entraînant des coupures d’électricité et des perturbations des services essentiels dans plusieurs régions du Soudan. Les frappes ont aggravé les conditions de vie des populations déplacées et accru les besoins humanitaires, rendant plus urgente la coordination de l’aide et la garantie d’un accès sécurisé pour les travailleurs humanitaires.
Les autorités soudanaises demandent une intervention diplomatique soutenue et des garanties pour la sécurité des civils, tandis que la communauté internationale est sommée d’établir des mécanismes de vérification indépendants. La situation le long de la frontière avec l’Éthiopie reste tendue, avec un risque de nouvelle escalade si les frappes se poursuivent. La priorité immédiate pour les populations affectées demeure l’accès à des soins, à l’électricité et à un abri sûr, alors que les efforts pour une réponse politique et humanitaire cherchent à s’organiser.