Tunis mobilisation pour la libération de quatre militants Sumud en grève de la faim
Tunisie : des dizaines de personnes manifestent à Tunis pour la libération de quatre militants de la Flottille Sumud
Le 19 septembre 2026 à Tunis, des dizaines de personnes ont manifesté pour la libération de quatre membres de la Flottille Sumud; l’un est en grève de la faim.
Manifestation à Tunis pour la libération de quatre militants
Le 19 septembre 2026, des manifestants se sont rassemblés au siège du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) puis ont défilé jusqu’à l’avenue Habib Bourguiba, au centre de Tunis. Les participants portaient des drapeaux tunisiens et palestiniens, ainsi que des portraits des quatre détenus, et ont réclamé leur remise en liberté et la fin des procédures engagées contre eux. Des slogans anti‑gouvernementaux ont résonné tout au long du cortège, exprimant une défiance à l’égard de l’action des autorités et appelant à la solidarité avec les prisonniers. La mobilisation intervient dans un climat de forte émoi autour de l’état de santé d’un des détenus, alimentant les appels à une réponse urgente des autorités.
Tribunal prolonge la détention provisoire de quatre suspects
Quelques jours avant la manifestation, un tribunal tunisien a décidé de prolonger de quatre mois la détention provisoire de Wael Naouar, Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Channoufi. Les quatre hommes sont en détention depuis mars 2026 dans le cadre d’une enquête portant sur des irrégularités financières présumées liées à la collecte de fonds en faveur de la flottille. Les mises en cause et leurs défenseurs contestent les accusations et affirment qu’il n’existe pas de preuve d’un acte répréhensible. Les organisateurs de la manifestation ont dénoncé cette prolongation comme une mesure injustifiée qui prolonge l’incertitude judiciaire à leur égard.
Détérioration grave de l’état de santé de Wael Naouar
Wael Naouar, membre du comité directeur de la Flottille Sumud, a entamé une grève de la faim illimitée le 16 août 2026. Ses partisans indiquent que sa santé s’est fortement détériorée après plus d’un mois de jeûne : pertes de connaissance répétées, difficultés respiratoires, épisodes d’hallucination et une perte de poids estimée à plus de 20 kg. Trois des autres détenus ont rejoint la grève le 9 septembre 2026. Les défenseurs des militants affirment qu’il existe un risque réel pour la vie des grévistes et tiennent politiquement et moralement le président et le gouvernement pour responsables de toute conséquence grave. Les autorités pénitentiaires n’ont pas communiqué de bilan médical public détaillé sur l’état des détenus.
Situation médicale et demandes d’intervention chirurgicale
Parmi les détenus, Ghassen Henchiri fait état d’une complication liée à une blessure antérieure subie pendant sa détention hors du pays. Ses proches et certains responsables syndicaux soutiennent qu’une intervention chirurgicale est nécessaire et qu’un médecin de la prison aurait recommandé l’opération, laquelle n’aurait pas encore été réalisée. Ces éléments ont renforcé les appels à des examens médicaux indépendants et à l’accès immédiat à des soins adéquats, revendications centrales de la mobilisation de samedi.
Appels à l’élargissement de la mobilisation étudiante et sociale
La manifestation a été précédée d’un appel lancé par d’anciens responsables de l’Union générale des étudiants de Tunisie (UGET) et par des militants de différentes générations du mouvement étudiant, qui ont réclamé la libération immédiate des quatre détenus. Ces responsables ont demandé aux syndicats, aux associations étudiantes et aux organisations de la société civile de se mobiliser pour soutenir les grévistes de la faim et exiger la fin des procédures qu’ils jugent infondées. Les organisateurs ont présenté la cause comme un symbole de la défense de la solidarité populaire avec Gaza et comme un test de la capacité des mouvements sociaux à peser sur les décisions judiciaires et politiques.
Accusations de répression et réponse des autorités
Les partisans des militants présentent les arrestations comme s’inscrivant dans une dynamique plus large de restriction de l’espace civique, visant les journalistes, les syndicalistes et les défenseurs des droits. Ils dénoncent l’usage d’allégations financières et de lois anti‑blanchiment pour faire taire la dissidence. De leur côté, les autorités ont rejeté l’idée que le système judiciaire soit instrumentalisé à des fins politiques, affirmant que les procédures suivent les textes en vigueur et que l’indépendance de la justice est respectée. Cette divergence de lectures alimente un débat public tendu et renforce les demandes de transparence sur la conduite de l’enquête et sur le traitement médical des détenus.
La situation reste fragile : les recours judiciaires et les appels à la mobilisation se poursuivent, tandis que la santé des grévistes de la faim demeure au centre des inquiétudes exprimées par leurs soutiens. Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour l’évolution de cette affaire et pour la réponse des autorités face aux pressions internes et externes en faveur d’un règlement rapide et transparent.