Tunis : manifestants exigent la libération des quatre militants de la Flottille Sumud en grève
Tunis manifeste pour la libération de quatre militants de la Flottille Sumud, un détenu en grève de la faim
À Tunis, des dizaines réclament la libération de quatre militants de la Flottille Sumud; l’un est en grève de la faim depuis le 16 août et son état suscite de vives inquiétudes
Une manifestation rassemblant plusieurs dizaines de personnes a eu lieu samedi 19 septembre 2026 au centre de Tunis pour réclamer la remise en liberté de quatre militants liés à la Flottille mondiale Sumud. Les manifestants ont marché depuis le siège du Syndicat national des journalistes jusqu’à l’avenue Habib Bourguiba, brandissant drapeaux et portraits et scandant des slogans hostiles au gouvernement. La mobilisation intervient au lendemain d’une décision judiciaire prolongeant la détention provisoire des quatre hommes pour une nouvelle période de quatre mois.
Manifestation et revendications visibles
Les participants ont réclamé la fin des poursuites et la libération immédiate des détenus. Les portraits des quatre militants ont été affichés pendant le cortège, tandis que les chants dénonçaient ce que les manifestants ont qualifié de répression politique. Les organisateurs ont appelé les étudiants, les syndicats et les organisations de la société civile à amplifier les actions en soutien aux détenus. Le ton de la mobilisation a été à la fois politique et humanitaire, les manifestants mettant l’accent sur l’état de santé d’un des détenus.
Détention prolongée et charges retenues
Les quatre hommes identifiés comme Wael Naouar, Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Channoufi sont en détention depuis mars 2026 dans le cadre d’une enquête portant sur des irrégularités financières présumées liées à la collecte de fonds pour la flottille. La prolongation de la détention provisoire prise par un tribunal la semaine précédente a ravivé la contestation autour de l’affaire. Les détenus et leurs défenseurs contestent les accusations et dénoncent, selon eux, une instrumentalisation de procédures financières pour poursuivre des opposants.
Grève de la faim et dégradation de l’état de santé
Wael Naouar a engagé une grève de la faim illimitée le 16 août. Trois autres détenus ont rejoint le mouvement de jeûne le 9 septembre. Les soutiens de la flottille rapportent une détérioration marquée de la santé de Naouar, avec des épisodes d’évanouissement, des troubles respiratoires et des pertes de poids importantes, évaluées à plus de 20 kilogrammes. Les défenseurs mettent en garde contre un risque vital et exigent une intervention médicale urgente et des mesures pour préserver l’intégrité physique des grévistes.
Appels à une mobilisation élargie
Plusieurs anciens responsables étudiants et mouvements de différentes générations ont publié des appels à une mobilisation plus large et coordonnée. Ils demandent aux organisations étudiantes, aux syndicats et aux associations de droits de l’homme de se joindre aux actions de solidarité. Parmi les revendications figurent la remise en liberté des détenus, la clôture des poursuites et la responsabilité politique du gouvernement pour la sécurité et la santé des grévistes. Les partisans ont annoncé d’autres rassemblements si la situation ne connaît pas d’évolution rapide.
Contexte judiciaire et impact sur la société civile
L’affaire s’inscrit dans un climat de tensions croissantes entre certains acteurs de la société civile et les autorités. Les défenseurs des droits et des acteurs associatifs dénoncent une tendance à l’usage de mécanismes judiciaires pour cibler des militants, journalistes et syndicalistes. Du côté des autorités, le système judiciaire est présenté comme indépendant et les procédures comme conduites conformément à la loi. Les protagonistes de l’affaire estiment pour leur part que les poursuites ont un effet dissuasif sur la solidarité indépendante envers la cause palestinienne et sur l’espace d’expression publique en Tunisie.
La mobilisation de samedi illustre la polarisation autour de cette affaire et la sensibilité sociale qu’elle suscite. Les prochains jours seront déterminants pour la tenue d’actions supplémentaires et pour l’évolution de l’état de santé des grévistes. Les autorités judiciaires disposent désormais d’un délai de quatre mois avant toute nouvelle décision sur la détention provisoire, tandis que les organisations de soutien annoncent qu’elles maintiendront la pression jusqu’à la levée des accusations ou la libération des militants.