un géant espagnol menace de délocaliser sa production au Maroc
Le plus grand producteur mondial d’huile d’olive, Dcoop, a lancé un sévère avertissement aux autorités espagnoles. Le président du groupe, Antonio Luque, a prévenu que si la crise de l’eau persistait en Espagne en raison d’une “mauvaise gestion”, la production finirait par être délocalisée de l’autre côté du détroit, au Maroc.
M. Luque a estimé que le problème de l’eau en Espagne n’était pas son absence, mais sa gestion, déplorant que parler de barrages ou de transferts hydrauliques soit devenu « tabou ». Il a opposé cette situation à la stratégie du Maroc, qui construit activement des barrages et des usines de dessalement pour développer son agro-industrie, souvent avec le soutien financier de l’Union européenne, lit-on dans le journal. La Razon.
“Je ne comprends pas que des investissements européens importants en Afrique du Nord contribuent à déplacer la production d’ici vers là-bas”, a-t-il prévenu. Il prédit que si l’UE ne change pas d’attitude, le scénario déjà vécu avec la tomate se répéterait pour l’olivier, conduisant à la désertification de certaines zones oléicoles espagnoles.
Cette pénurie d’eau, selon M. Luque, maintiendra la prochaine récolte à un niveau bas, similaire à celui de l’année dernière (1,4 million de tonnes). Les prix devraient toutefois rester stables.
Dcoop mise sur le marché américain pour sa croissance
Face à ces difficultés sur le front de la production européenne, Dcoop se tourne stratégiquement vers les Etats-Unis pour assurer sa croissance future. Le groupe, qui détient déjà 50 % de la société américaine Pompeian, cherche activement à acquérir la totalité de l’entreprise, qui contrôle 20 % du marché américain de l’huile d’olive extra vierge.
Antonio Luque a expliqué que la conclusion de cet accord représenterait un « bond significatif » pour le bilan du groupe, en ajoutant potentiellement 300 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les États-Unis représentent un marché stratégique, avec une consommation de 400 millions de litres, proche de celles de l’Espagne et de l’Italie. L’exécutif a précisé que les droits de douane imposés par l’administration Trump n’avaient pas ralenti les ventes, car la forte baisse des prix du pétrole avait plus que compensé l’impact des taxes.