Venancio Mondlane jugé par la Cour suprême du Mozambique pour troubles post‑électoraux
Venancio Mondlane face à la Cour suprême du Mozambique pour les troubles post-électoraux de 2024
Mozambique: Venancio Mondlane informé d’un procès à la Cour suprême pour son rôle dans les manifestations post-électorales de 2024; date d’audience à venir.
Venancio Mondlane a été officiellement informé le 25 août 2026 qu’il serait jugé par la Cour suprême du Mozambique pour cinq chefs d’accusation liés aux manifestations qui ont suivi l’élection présidentielle d’octobre 2024. L’opposant n’est pas actuellement en détention et conteste l’ensemble des accusations. Il a indiqué s’attendre à l’ouverture de la procédure dans les deux à trois mois à venir, sans qu’aucune date d’audience précise n’ait pour l’heure été communiquée.
Procédure et chefs d’accusation
Le bureau du procureur général a déposé en juillet 2025 une plainte formelle qui comprend cinq chefs d’accusation contre Mondlane. Parmi eux figurent l’apologie publique du crime, l’incitation à la désobéissance collective, l’incitation publique au crime et deux chefs en lien avec le terrorisme. Les autorités reprochent à l’opposant d’avoir, par des appels à manifester et des messages sur les réseaux sociaux, contribué aux troubles qui ont suivi le scrutin. Mondlane rejette ces imputations et affirme que ses interventions relevaient de l’expression politique et du droit de réunion.
Des urnes à la rue
Aux élections d’octobre 2024, Mondlane, candidat indépendant soutenu par le parti Podemos, s’était placé en deuxième position derrière Daniel Chapo, candidat du parti au pouvoir, avec un score officiellement annoncé de 24,19 % contre 65,17 % pour Chapo. Le rejet des résultats par Mondlane a déclenché une série de manifestations et de confrontations qui se sont prolongées pendant plusieurs mois et ont donné lieu à un bilan humain lourd. Les divisions sur la régularité du scrutin et la contestation des résultats ont profondément polarisé la scène politique nationale.
Exil, retour et tensions à l’aéroport
Après les violences de la période électorale, Mondlane a quitté le pays en octobre 2024, évoquant des craintes pour sa sécurité après l’assassinat de son avocat et conseiller Elvino Dias et du porte-parole de Podemos, Paulo Guambe, le 19 octobre 2024. Il est resté à l’étranger tout en poursuivant sa contestation des résultats. Il est rentré volontairement au Mozambique le 9 janvier 2025, soit six jours avant l’investiture de Daniel Chapo. Son retour a été marqué par une forte mobilisation de partisans à l’aéroport international Mavalane et par une présence sécuritaire renforcée, avec des mesures de maintien de l’ordre ayant limité l’accès et entraîné l’usage de gaz lacrymogènes.
Immunité et décision du Conseil d’État
Après l’élection, Mondlane a été nommé membre du Conseil d’État, organe consultatif auprès du président. Les membres de cet organisme disposent en principe d’une immunité qui protège contre certaines poursuites. Le Conseil d’État a cependant délibéré le 10 juin 2026 et prononcé la suspension de l’immunité de Mondlane afin de permettre l’ouverture de la procédure inscrite sous le numéro 52/2025-P devant la Cour suprême. Cette décision a été rendue publique en août 2026, après que Mondlane a reçu notification du procès. L’intéressé conteste la légalité de la suspension, arguant que le Conseil d’État n’avait pas compétence pour lever son immunité selon les règles qu’il invoque.
Enjeux politiques et conséquences pour la carrière de Mondlane
Les implications de ce procès dépassent le strict cadre juridique. Selon des observateurs juridiques et des acteurs de la société civile, une condamnation pourrait entraver la possibilité pour Mondlane de se représenter à une présidentielle future, notamment l’élection prévue en 2029, en raison d’éventuelles conséquences pénales sur son casier judiciaire. Des voix mettent en garde contre la judiciarisation des différends politiques, estimant que des conflits principalement politiques exigent des réponses politiques et que le recours systématique aux poursuites pénales risque d’affaiblir la confiance publique dans les institutions judiciaires.
La convocation de Mondlane devant la Cour suprême est perçue de façon contrastée au sein de l’opinion publique et des forces politiques: pour certains, il s’agit d’une étape nécessaire de la mise en œuvre du droit, pour d’autres d’un instrument susceptible d’être utilisé dans des luttes politiques. Les prochaines semaines seront déterminantes pour fixer un calendrier judiciaire et pour observer si des initiatives politiques de dialogue seront relancées entre les parties en présence.
Les autorités judiciaires n’ont pas encore communiqué de date d’audience définitive; les proches et les partisans de Mondlane attendent la convocation formelle, tandis que le pays reste sous tension autour des questions de transparence électorale, de responsabilité et d’intégrité des institutions.