vers la destitution des élus corrompus ?
La sanction ne se limitera pas à un simple licenciement. Le projet de loi organique n°53.25, actuellement défendu par le ministre, instaure un confinement drastique : tout élu licencié pour faute grave, notamment en matière d’urbanisme, sera inéligible à deux mandats complets, rapporte Hespress. Cette menace judiciaire pèse directement sur les présidents de conseils dont les noms circulent déjà sur des « listes noires » transmises aux administrations territoriales. Ces documents identifient les responsables qui ont facilité ou dissimulé l’érection de hangars illégaux sur leur propre terrain ou sur celui de l’État.
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Sur le terrain, la chasse s’accélère grâce à la technologie. Les autorités provinciales, armées de rapports basés sur des survols aériens, s’apprêtent à lancer une vague de démolitions dans les semaines à venir. Les images révèlent une réalité souterraine inquiétante : des zones résidentielles rurales transformées en complexes industriels clandestins. Ces usines fantômes, particulièrement actives dans la fabrication interdite de sacs plastiques, pillent l’eau et l’électricité tout en polluant les nappes phréatiques, souvent sous la protection d’élus influents. Le cas de la commune de « S’bit » est emblématique, où un réseau familial a maintenu le contrôle des zones illégales malgré un précédent licenciement.
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Cette mobilisation générale trouve son origine dans une directive ferme adressée récemment aux walis et aux gouverneurs. Les services centraux exigent « tolérance zéro » dans les zones rurales de l’axe Rabat-El Jadida, notamment Kénitra, Mohammedia et la périphérie de Casablanca (Médiouna, Nouaceur). L’ordre est donné aux caïds et pachas de dresser immédiatement les procès-verbaux nécessaires à la suspension des contrevenants et de transmettre leurs dossiers à la justice administrative, scellant ainsi leur sort politique et judiciaire.