Volkswagen menace de quitter l’Afrique du Sud pour le Maroc
Le départ de Nissan, qui a vendu son usine au chinois Chery, a provoqué une onde de choc dans l’industrie automobile sud-africaine. Mais c’est désormais Volkswagen, pilier historique du secteur, qui tire la sonnette d’alarme. Lors de la troisième Indaba annuelle du groupe, Martina Biene, directrice générale du groupe Volkswagen Afrique, a posé un diagnostic sans concession : 2026 sera une année décisive pour l’avenir de la production locale. Le message est clair : la maison mère en Allemagne ne se contente plus de constater les légers progrès logistiques ou énergétiques de l’Afrique du Sud.
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La concurrence pour l’allocation du capital est désormais mondiale et impitoyable. “Le siège ne compare pas si l’Afrique du Sud est légèrement meilleure que l’année dernière”, a prévenu Martina Biene. « Ils comparent l’Afrique du Sud au Maroc, à l’Inde, à d’autres marchés en compétition pour les mêmes capitaux. » Cette comparaison avec le Maroc n’est pas anodine : le Royaume s’est imposé comme une formidable plateforme d’exportation aux portes de l’Europe, attirant massivement les investissements grâce à une stratégie industrielle cohérente, là où l’Afrique du Sud peine à convaincre et souffre d’un modèle à bout de souffle.
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Pour Volkswagen, qui doit réaliser dès cette année ses investissements pour l’après-2030, les voyants sud-africains sont à l’orange. L’industrie locale souffre d’un manque critique d’échelle : avec 610 000 véhicules produits l’an dernier, le pays est loin de l’objectif du million d’unités fixé par son plan directeur. Plus inquiétant encore, le marché intérieur échappe aux producteurs locaux, puisque 67 % des véhicules vendus sont désormais importés, ce qui rend les incitations à la production de moins en moins efficaces.
L’autre menace majeure réside dans la dépendance à l’égard des exportations vers l’Europe, qui absorbe la majorité de la production de VW Afrique du Sud. Alors que le Vieux Continent s’oriente vers l’électricité, l’Afrique du Sud est à la traîne technologiquement et politiquement. Les pénalités carbone imposées par l’UE ont déjà réduit le carnet de commandes de 20 000 véhicules cette année. Martina Biene appelle à une politique plus pragmatique, incluant les hybrides, pour ne pas perdre l’accès au marché européen. “Nous n’avons pas le luxe de débattre avant encore deux ou trois ans”, a-t-elle prévenu, soulignant l’urgence de réagir à la montée en puissance de concurrents comme le Maroc.