87 % des salariés exonérés de l’impôt sur le revenu dès janvier 2027
Le Maroc annonce l’exonération d’impôt pour 87 % des salariés, application au 1er janvier 2027
Maroc: exonération d’impôt pour 87 % des salariés dès le 1er janvier 2027, seuil relevé, gain moyen de 500 MAD/mois et coût budgétaire de 5,5 Md MAD prévu.
Annonce et calendrier officiel
Le ministre de l’Économie et des Finances, Fouzi Lekjaa, a annoncé le vendredi 23 octobre 2026 devant les deux chambres du Parlement une réforme fiscale majeure incluse dans le projet de loi de finances 2027. La mesure prévoit l’exonération totale de l’impôt sur le revenu pour les salariés dont le revenu net mensuel est inférieur à 10 000 dirhams. L’entrée en vigueur est programmée le 1er janvier 2027, sous réserve de l’adoption parlementaire des textes.
Portée et bénéficiaires de l’exonération
Selon l’énoncé officiel, la mesure viserait à exclure de l’imposition 87 % des salariés marocains, laissant 13 % des revenus du travail continuer à être imposés au titre de l’impôt sur le revenu. Le gouvernement indique qu’un ménage bénéficiaire pourrait gagner en moyenne environ 500 dirhams supplémentaires par mois dès la mise en œuvre de la réforme. Cette mesure cible principalement les salariés aux revenus bas et moyens.
Modification des seuils et définition de la base imposable
La réforme relève la tranche de revenu imposable exonérée de 40 000 à 60 000 dirhams par an. Sur une base mensuelle, cela correspond à une référence de 5 000 dirhams de revenu soumis au barème fiscal après application des déductions prévues par la législation. Le ministère a distingué ce seuil de la notion de salaire net mensuel annoncée par le ministre : le seuil annuel de 60 000 dirhams se calcule sur la base imposable et non directement sur le salaire brut ou net perçu. Cette distinction explique l’écart apparent entre le seuil annuel et le seuil mensuel de 10 000 dirhams évoqué pour les salariés.
Conséquences budgétaires et financement
Le coût estimé de la baisse d’impôt s’élève à 5,5 milliards de dirhams pour les finances publiques. Le gouvernement affirme vouloir financer ces allègements tout en maintenant un objectif de déficit budgétaire fixé à 3 % du produit intérieur brut pour l’année 2027. Parallèlement, le projet de loi de finances prévoit un montant de 62 milliards de dirhams destiné à des mesures sociales et à des dispositifs de soutien au pouvoir d’achat, intégrant ainsi les nouvelles exonérations fiscales dans un ensemble de politiques redistributives.
Évolution progressive et révision du barème jusqu’en 2031
La réforme ne se limite pas à l’exonération immédiate : le projet prévoit une réorganisation progressive des tranches d’imposition et une réduction des taux applicables aux revenus les plus élevés sur la période 2027–2031. L’objectif affiché est de simplifier le barème et d’alléger la charge fiscale sur les classes moyennes tout en adaptant les taux pour les plus hauts revenus. Ces ajustements devront être précisés dans les textes d’application et calibrés en fonction des recettes et des contraintes budgétaires futures.
Procédure parlementaire et prochaines étapes
Le projet de loi de finances a été présenté le 23 octobre 2026 et les documents afférents accompagnent désormais l’examen parlementaire. Le Parlement doit étudier, amender le cas échéant, puis voter les dispositions avant leur entrée en vigueur prévue le 1er janvier 2027. Des décrets d’application et circulaires administratives seront ensuite nécessaires pour définir les modalités pratiques de calcul et de mise en œuvre pour les employeurs, les administrations fiscales et les contribuables.
La réforme annoncée vise à soutenir le pouvoir d’achat et à réduire les inégalités par un allègement ciblé de l’impôt sur le revenu. Son application dépendra de l’adoption parlementaire et des ajustements techniques à venir, tandis que les autorités devront suivre l’impact budgétaire et social au fil de son déploiement.